Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa stratégie industrielle avec le lancement du projet AYA, une unité biotechnologique d’envergure portée par le groupe Anouar Invest. Implantée à Jorf Lasfar, dans la province d’El Jadida, cette initiative représente un investissement industriel de 480 millions de dirhams et ambitionne de positionner le Royaume comme un acteur de référence dans la production de levure industrielle et d’améliorants alimentaires.
La cérémonie de lancement, organisée le 10 septembre 2025, a réuni plusieurs membres du gouvernement ainsi que des responsables du groupe, témoignant de l’importance stratégique de ce projet. Étalé sur une superficie de 7,1 hectares, dont près de 29 000 m² construits, le complexe AYA produira de la levure fraîche, de la levure sèche et des améliorants destinés à la boulangerie. Sa capacité initiale est fixée à 25 000 tonnes par an, avec un objectif d’expansion à 58 000 tonnes. Environ 30 % de la production sera orientée vers les marchés internationaux, renforçant ainsi l’ouverture du Maroc sur la scène mondiale.
L’ancrage local constitue un axe majeur du projet. Environ 95 % des matières premières utilisées, dont la mélasse issue de la betterave et de la canne à sucre, seront d’origine marocaine. Ce choix participe à la consolidation de la souveraineté alimentaire et donne une seconde vie à des sous-produits agricoles, s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire et de valorisation durable des ressources.
Sur le plan social, le projet devrait générer plus de 500 emplois directs et indirects, offrant de nouvelles perspectives dans une région où l’emploi industriel représente un levier essentiel de développement. Pour Anouar Invest, il s’agit aussi de former des compétences locales et de bâtir une expertise nationale dans le domaine des biotechnologies appliquées à l’agro-industrie.
La dimension environnementale occupe également une place centrale. L’usine sera dotée d’une station de traitement des eaux conforme aux standards nationaux et internationaux. Sa puissance électrique installée atteindra 14 MW, dont 40 % fournis par une énergie verte, réduisant ainsi l’empreinte carbone du site. Cette orientation témoigne d’une volonté claire d’allier performance industrielle et respect des engagements climatiques.
Au-delà de sa portée technique et économique, le projet AYA reflète l’ambition du Maroc de diversifier son tissu productif et de s’imposer dans des filières innovantes à forte valeur ajoutée. Il s’inscrit dans la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui place l’investissement productif au cœur de la relance économique et du renforcement de la souveraineté industrielle. Une convention de partenariat, signée entre Anouar Invest et plusieurs départements ministériels, confirme cet engagement collectif.
Le calendrier du projet traduit une démarche planifiée : acquisition du terrain et études techniques dès 2022, convention d’investissement en février 2025, lancement des travaux en septembre 2025, mise en production prévue pour le milieu de 2027, avant une phase d’expansion programmée en 2029. Le financement est assuré par un consortium bancaire conduit par CDG Capital aux côtés de CIH Bank, garantissant une assise solide pour la réussite de cette infrastructure de pointe.
Avec le projet AYA, le Maroc ne se contente pas d’accueillir une nouvelle usine : il ouvre une voie prometteuse vers l’industrialisation biotechnologique, au service de son économie, de sa souveraineté alimentaire et de sa place sur la carte mondiale des industries de l’avenir.


