Un drame glaçant autour des cryptomonnaies vient de trouver son épilogue judiciaire en France. Trois hommes ont été condamnés vendredi à de lourdes peines de prison pour l’assassinat sordide d’un jeune étudiant de 19 ans, tué en 2021 dans l’Est du pays afin de lui dérober son portefeuille de bitcoins.
Au cœur de cette affaire, l’ancien compagnon de la victime, principal instigateur du crime, et deux de ses complices. Tous ont été reconnus coupables par la cour d’assises de Haute-Saône. Le premier écope de 30 ans de réclusion criminelle assortis d’une période de sûreté des deux tiers, tandis que ses deux complices sont condamnés à 25 ans de prison chacun.
L’affaire a mis en lumière les risques croissants liés aux actifs numériques. Depuis plusieurs mois, la justice française se penche sur des dossiers impliquant tentatives d’enlèvements et extorsions ciblant les détenteurs de cryptomonnaies. Face à cette nouvelle menace, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a réuni, en mai dernier, les principaux acteurs du secteur pour envisager des mesures de protection renforcées.
L’enquête a révélé les détails macabres du meurtre. En août 2021, le corps de Simon Arthuis avait été repêché dans un étang. L’autopsie avait relevé pas moins de 46 blessures sur son corps, signe selon le parquet d’un véritable supplice, avant qu’il ne soit noyé alors qu’il était encore vivant.
Passionné d’informatique, la victime avait développé un logiciel lui permettant de spéculer sur les marchés de cryptomonnaies. Son capital approchait les 200 000 euros, une somme qu’il avait imprudemment confiée à son compagnon, Mickaël Calabrese. Celui-ci s’en était aussitôt ouvert à son frère jumeau, Jonathan, et à sa belle-sœur. Ensemble, ils avaient planifié le crime avec la participation de deux autres proches, Benjamin Ardouin et Dylan Hoguin.
Initialement, le compagnon avait tenté d’orienter l’enquête vers une prétendue agression homophobe avant de passer aux aveux complets sous le feu des interrogatoires. Le trio a finalement reconnu sa responsabilité dans l’assassinat, expliquant que le projet avait été minutieusement préparé en famille, jusqu’à prévoir la répartition des gains espérés.
Une tentative avortée avait même été menée la veille du meurtre, avant que les accusés ne passent finalement à l’acte la nuit suivante.
Le frère jumeau de l’auteur principal a, pour sa part, écopé de cinq ans de prison pour non-assistance, n’ayant rien fait pour empêcher le drame. Quant à la belle-sœur, elle sera jugée ultérieurement pour non-dénonciation d’assassinat, son procès ayant été reporté pour raisons médicales.

