Rarement le marché automobile marocain aura affiché une telle vitalité. En douze mois, le secteur a changé d’échelle, enchaînant records et signaux positifs, jusqu’à inscrire 2025 comme un millésime de rupture, marqué par une envolée des ventes et une transformation progressive de l’offre.
À fin décembre, 235.372 véhicules neufs ont été immatriculés à l’échelle nationale, selon les données de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc. Un volume inédit, en hausse de 33,43 % par rapport à 2024, qui consacre le net redressement d’un marché longtemps contraint par les tensions économiques et logistiques.
La dynamique s’est pleinement confirmée dans le dernier virage de l’année. Rien que sur le mois de décembre, 27.354 véhicules ont trouvé preneur, contre 22.622 un an plus tôt, soit une progression de près de 21 %, signe d’un marché qui termine l’exercice sur un rythme soutenu et confiant.
Lire aussi
Vidéo. Alfa Romeo réunit ses passionnés à Oued Zem et signe la naissance de l’Alfisti Day au Maroc
Dans le détail, les véhicules particuliers demeurent le socle du secteur. En décembre, ils totalisent 24.453 immatriculations, en hausse de 19,88 %, tandis que les utilitaires légers affichent une performance encore plus vigoureuse avec 2.901 unités vendues, en progression de plus de 30 %. Sur l’ensemble de l’année, cette tendance se confirme, avec 208.848 VP écoulés (+32,91 %) et 26.524 VUL (+37,70 %), traduisant une demande active aussi bien du côté des ménages que des professionnels.
Cette reprise s’appuie sur plusieurs moteurs. Le renouvellement du parc, le retour progressif de la confiance économique et l’élargissement de l’offre ont redonné de l’élan à un marché longtemps en attente. Les marques généralistes continuent d’occuper le devant de la scène, portées par des modèles désormais bien ancrés dans les habitudes des automobilistes marocains.
En 2025, la Dacia Logan conserve son statut de best-seller avec plus de 18.000 unités, devant la Sandero et la Renault Clio. Le Renault Express, la Peugeot 208, le Kardian et le Duster s’installent également dans le haut du classement, tandis que des SUV comme le Hyundai Tucson ou le Volkswagen Tiguan illustrent l’attrait croissant pour ce segment, désormais incontournable.
Sur le plan géographique, Casablanca reste de loin le principal pôle automobile du Royaume, concentrant plus de 40 % des immatriculations. Rabat, Marrakech, Agadir et Tanger complètent le peloton de tête. Mais l’année 2025 se distingue aussi par la vigueur de plusieurs villes secondaires. Taza, Dakhla, Safi ou Kénitra enregistrent des progressions à deux chiffres, révélant un élargissement territorial de la demande, malgré quelques replis localisés, notamment à Settat et Béni Mellal.
Autre signal fort de l’année, la montée en visibilité du 100 % électrique. Encore marginal en volume, le segment gagne néanmoins du terrain. BYD s’y impose comme référence, avec la Seagull en tête des ventes, devant le Volvo EX30 et le BYD Sealion 7. D’autres modèles, à l’image du Leapmotor C10, du Porsche Macan électrique ou de la Dacia Spring, confirment l’intérêt croissant pour ces nouvelles motorisations.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de diversification du marché. L’année 2025 a été marquée par l’arrivée ou le renforcement de plusieurs constructeurs, notamment chinois, qui ont accéléré leur déploiement au Maroc. BYD, Geely, Changan, GWM ou Leapmotor ont élargi les gammes disponibles, proposant des véhicules mieux équipés, plus accessibles et souvent électrifiés, contribuant directement à la stimulation des ventes.
Dans ce paysage en mutation, le marché marocain reflète de plus en plus les grandes tendances internationales, entre essor des SUV, électrification progressive et montée en puissance de nouveaux acteurs. La sélection des finalistes du Car of the Year Morocco 2026, mêlant modèles électriques, SUV et nouvelles marques, en est une illustration parlante.
Avec une croissance annuelle dépassant les 33 %, un mois de décembre particulièrement dynamique et des volumes jamais atteints, 2025 s’impose comme une année charnière pour l’automobile au Maroc. Le secteur aborde désormais 2026 sur des bases solides, tout en restant attentif aux enjeux à venir, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, des conditions de financement ou de la transition vers de nouvelles mobilités.


