En ce début d’année, les chaînes de montage chinoises ne tournent pas seulement à plein régime : elles redessinent la carte mondiale de l’automobile. Portées par des exportations inédites et l’essor fulgurant des véhicules électrifiés, les marques chinoises ouvrent l’année 2026 sur un mois de janvier spectaculaire.
Les ventes d’automobiles en Chine ont connu une nette accélération en janvier, soutenues par une dynamique d’exportations sans précédent qui confirme l’ambition internationale croissante du secteur, selon les chiffres officiels publiés cette semaine.
Leader incontesté de cette offensive, BYD a écoulé près de 100.000 véhicules hors de Chine sur le seul mois de janvier, affichant une progression annuelle de plus de 43 %. Les ventes à l’international représentent désormais près de la moitié de ses volumes mensuels. Le constructeur vise 1,3 million d’unités vendues à l’étranger en 2026 et poursuit l’implantation de sites industriels en Asie du Sud-Est, en Europe et en Amérique latine, notamment en Thaïlande, au Brésil, en Hongrie et en Ouzbékistan.
Geely confirme également sa montée en puissance. Le groupe a livré plus de 270.000 véhicules en janvier, dont 60.500 à l’export, soit plus du double par rapport à l’an dernier. Sur l’ensemble de l’année, il table sur 640.000 véhicules exportés et cible plusieurs zones régionales avec des volumes annuels dépassant les 100.000 unités.
Du côté de SAIC-GM, les ventes ont franchi le seuil des 51.000 véhicules, portées par une envolée de près de 90 % des modèles à nouvelle énergie. Les exportations du groupe ont, quant à elles, plus que doublé sur un an, illustrant l’attrait croissant des marchés étrangers pour l’offre chinoise électrifiée.
Chery Group conserve sa place de premier exportateur automobile du pays. Avec près de 120.000 véhicules expédiés à l’étranger en janvier, le constructeur enregistre un neuvième mois consécutif en tête du classement national.
Pour Wang Peng, chercheur associé à l’Académie chinoise des sciences sociales, la stratégie du secteur dépasse désormais la simple vente de voitures. « L’industrie automobile chinoise est en train de bâtir un écosystème industriel complet à l’international », souligne-t-il, estimant que l’avance technologique des véhicules électriques et intelligents confère aux marques chinoises un avantage décisif face aux constructeurs traditionnels, tout en accélérant la transition verte et numérique des marchés mondiaux.
Depuis l’automne dernier, plus d’une quinzaine de constructeurs et d’équipementiers chinois ont annoncé des projets d’expansion à l’étranger, représentant un volume d’investissement supérieur à 70 milliards de yuans.
En 2025, la Chine a produit plus de 34,5 millions de véhicules et en a vendu près de 34,4 millions, enregistrant des progressions à deux chiffres. Les exportations ont franchi le cap des 7 millions d’unités, dont plus de 2,6 millions de véhicules à nouvelle énergie, soit un volume deux fois supérieur à celui de l’année précédente.
Pour 2026, l’Association chinoise des constructeurs automobiles anticipe 19 millions de ventes de véhicules électriques et hybrides et 7,4 millions d’unités exportées, confirmant que la Chine n’est plus seulement l’atelier du monde automobile, mais l’un de ses principaux chefs d’orchestre.

