La nouvelle saison marocaine de l’avocat Hass s’ouvre dans un climat tendu. Confrontée à un marché européen saturé par les arrivages massifs du Pérou et du Chili, la filière nationale entame sa campagne sur des prix en net repli et un horizon commercial incertain.
À peine amorcée, la saison 2025 des avocats marocains s’annonce délicate. Les premières récoltes, encore limitées, peinent à s’imposer sur un marché européen déjà engorgé par les derniers lots péruviens et l’offensive précoce du Chili. Cet afflux exceptionnel a provoqué une chute des prix d’environ 20 % par rapport à la même période l’an dernier, selon les opérateurs du secteur.
Les fruits marocains se retrouvent en marge d’un marché saturé, où la demande peine à suivre l’offre, les variétés à peau verte, qui ont ouvert la marche, n’ont pas été épargnées non plus. Les exportateurs évoquent une saison « désastreuse », marquée par une demande atone et une concurrence agressive, notamment sur la variété Ettinger. Plusieurs tonnes se sont retrouvées sans débouché satisfaisant, accentuant la tension dans la filière.
Le recul des prix s’explique aussi par une série de malentendus entre producteurs et importateurs européens. Certains opérateurs marocains auraient surestimé les pertes de production dues à la chaleur, suscitant des doutes sur la fiabilité des prévisions. Ce manque de clarté aurait incité plusieurs acheteurs à se tourner vers des origines plus rassurantes, comme celles d’Amérique latine.
Pourtant, tout n’est pas sombre. Les exportateurs marocains misent sur un redressement progressif à partir de janvier, lorsque les stocks sud-américains commenceront à s’épuiser. L’amélioration du taux de matière sèche laisse d’ailleurs présager une montée en gamme qui pourrait soutenir les prix, à condition que la concurrence se relâche.
Entre vigilance et espoir, la filière marocaine de l’avocat Hass devra jouer d’agilité pour préserver ses parts de marché et reconquérir la confiance des acheteurs européens.

