La décision était attendue, mais pas forcément acquise. Ce mardi, à l’issue de sa réunion trimestrielle tenue à Rabat, Bank Al-Maghrib a choisi de garder son taux directeur inchangé à 2,25 %. Un choix mûrement réfléchi dans un contexte où les signaux économiques, bien que positifs, restent mêlés à des incertitudes d’envergure, notamment sur le plan international.
La banque centrale explique ce statu quo par plusieurs éléments jugés rassurants. L’inflation, indicateur scruté avec attention, demeure sous contrôle. Elle évolue dans une zone jugée compatible avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme. Autre point notable : la croissance économique, hors secteur agricole, montre des signes tangibles de reprise. Cette dynamique est renforcée par le maintien des anticipations d’inflation à des niveaux jugés maîtrisés, preuve que les mesures précédentes semblent produire l’effet escompté.
Mais derrière cette apparente accalmie, l’institution monétaire reste sur ses gardes. Le climat économique mondial reste brouillé par des tensions géopolitiques, des politiques monétaires restrictives prolongées chez certains partenaires, et une visibilité réduite sur l’évolution des marchés. Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib privilégie une approche prudente, en optant pour une pause plutôt que pour une action précipitée.
Cette décision n’est pas figée dans le marbre. La banque centrale indique qu’elle poursuivra l’évaluation de l’impact de ses précédentes baisses de taux sur le financement de l’économie, avec un intérêt particulier pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), souvent les plus sensibles aux conditions de crédit. Les décisions à venir seront prises au cas par cas, en fonction des données économiques les plus récentes.
Avec cette posture mesurée, Bank Al-Maghrib cherche à préserver un équilibre délicat : soutenir la reprise sans attiser des tensions inflationnistes ni fragiliser davantage les équilibres macroéconomiques du pays.

