Les dernières données publiées par la plateforme « Maadialna » font état d’une amélioration spectaculaire de la situation hydrique au Maroc.
À la date du 16 février 2026, le volume global des retenues des barrages atteint 11.833 millions de mètres cubes, contre 4.645,4 millions de mètres cubes à la même période en 2025, soit une hausse supérieure à 154%.
En termes de taux de remplissage, la progression est tout aussi marquante. La moyenne nationale s’établit désormais à 70,6%, alors qu’elle ne dépassait pas 27,6% le 16 février 2025. Une évolution qui reflète l’impact direct des précipitations abondantes enregistrées ces derniers mois sur l’ensemble du territoire.
Loukkos et Sebou en tête
Le bassin du Loukkos affiche un taux de remplissage de 94,2%, avec un volume stocké de 1.802,6 millions de m³. Plusieurs barrages y atteignent des niveaux optimaux, à l’image de Oued El Makhazine, Charif Al Idrissi, Smir, Ibn Battouta ou encore Nakhla, tous à 100%. Dar Khrofa (98%) et Kharroub (97%) frôlent également leur capacité maximale.
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Le bassin du Sebou suit de près avec un taux de 91,2% et un volume dépassant 5.063 millions de m³. Les barrages Al Wahda (93%) et Idriss Ier (94%) concentrent à eux seuls une part significative des réserves nationales, avec respectivement 3.297,7 et 1.065,4 millions de m³.
Des niveaux élevés dans le nord et le centre
Dans le bassin d’Abi Raqraq, le taux de remplissage atteint 93,6%, pour un volume de 1.012,6 millions de m³. Le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah affiche 94%, tandis que celui de Tamesna se situe à 91%.
Le bassin de Tensift enregistre un taux de 84,7%, avec notamment le barrage Abou El Abbas Sebti à 98% et Moulay Abdellah à 94%.
Du côté de Moulouya, le taux atteint 60,2%, avec le barrage Mohammed V à 92% et Hassan II à 40%.
Le bassin du Bouregreg et Oum Er-Rbia (Oum Rbia) montre également une nette amélioration. Oum Er-Rbia affiche 45,4%, avec le barrage Bin El Ouidane à 63% et Al Massira à 22%.
Des disparités persistantes dans le sud
La situation reste plus contrastée dans certaines régions du sud. Le bassin de Souss-Massa enregistre un taux de 54,5%, avec des écarts importants entre les ouvrages : Aoulouz (100%), Moulay Abdellah (98%) ou Ahl Souss (99%) présentent de bons niveaux, tandis que d’autres, comme Abdelmoumen (28%) et Mokhtar Soussi (10%), demeurent fragilisés.
Le bassin de Drâa-Oued Noun affiche un taux de 34%, avec des barrages comme El Mansour Eddahbi (39%) ou Aghz (41%) encore en dessous des moyennes nationales.
Dans la région Guir-Ziz-Rheris, le taux global atteint 60,1%. Le barrage Hassan Addakhil se situe à 77%, tandis que celui de Kaddoussa reste limité à 35%.
Un tournant hydrique ?
Cette nette amélioration marque un tournant après plusieurs années de stress hydrique sévère. Les apports pluviométriques exceptionnels ont permis de reconstituer significativement les réserves stratégiques du pays.
Toutefois, si les indicateurs nationaux sont au vert, les disparités régionales rappellent la nécessité de poursuivre les politiques de gestion intégrée de l’eau, d’optimisation des transferts interbassins et d’accélération des projets de dessalement et de réutilisation des eaux usées.
La tendance est encourageante. Elle ne dispense pas de vigilance.

