Il y a encore un an, la question n’était plus de savoir comment optimiser la ressource, mais comment faire face à sa raréfaction.
Aujourd’hui, le paysage hydrique national change d’échelle : les réserves cumulées dans les barrages atteignent 11,8 milliards de mètres cubes, portant le taux de remplissage global à 70,3% à la date du 15 février 2026. Un niveau qui marque une rupture nette avec la même période de l’an dernier, où les volumes stockés étaient inférieurs de plus de 150%.
Cette remontée spectaculaire est le fruit des épisodes pluvieux enregistrés depuis le début de la saison. En douze mois, le taux de remplissage est passé de moins de 30% à plus de 70%, redonnant au pays une capacité de projection plus confortable, tant pour l’alimentation en eau potable que pour l’irrigation.
Bassin du Sebou : locomotive des réserves nationales
Le bassin du Sebou s’impose comme le principal pilier des réserves hydriques du Royaume. Il affiche un taux de remplissage de 91,3%, totalisant plus de 5 milliards de m³.
Plusieurs ouvrages stratégiques frôlent la pleine capacité :
- Barrage Al Wahda (93%)
- Barrage Idriss Ier (94%)
- Barrage Allal El Fassi (98%)
Cette performance conforte la sécurité hydrique d’une région essentielle pour l’agriculture et l’approvisionnement urbain.
Bassin du Loukkos et Bassin du Bouregreg : le nord en situation très favorable
Dans le Loukkos, le taux atteint 94,2% avec près de 1,8 milliard de m³ stockés. Le Barrage Oued El Makhazine figure parmi les ouvrages totalement remplis.
Même dynamique pour le Bouregreg, qui enregistre 92,8% de remplissage et plus d’un milliard de m³ mobilisés, notamment grâce au Barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah (94%).
Bassin du Tensift et Bassin de la Moulouya : progression confirmée
Le Tensift atteint 84,4%, avec près de 192 millions de m³ stockés. Les barrages Barrage Abou Abbas El Sabti (98%) et Barrage Mly Abderrahmane (95%) illustrent cette embellie.
À l’est, la Moulouya affiche 59,3% de remplissage et plus de 425 millions de m³. Le Barrage Mohammed V atteint 90%, même si les niveaux demeurent hétérogènes selon les ouvrages.
Bassin de l’Oum Er-Rbia et Bassin du Souss-Massa : consolidation en cours
Le bassin de l’Oum Er-Rbia progresse à 44,8%, avec plus de 2,2 milliards de m³. Les barrages Barrage Ahmed El Hansali (86%), Barrage Moulay Youssef (87%) et Barrage Bin El Ouidane (62%) soutiennent la tendance, malgré un niveau plus bas au Barrage Al Massira (21%).
Le Souss-Massa atteint 54,5% avec près de 399 millions de m³, traduisant une amélioration progressive.
Bassin du Guir-Ziz-Rhéris et Bassin du Drâa-Oued Noun : redressement plus mesuré
Le Guir-Ziz-Rhéris affiche 60,1% de remplissage, porté notamment par le Barrage Hassan Addakhil (77%).
Le Drâa-Oued Noun, avec 33,8% et environ 355 millions de m³, reste en retrait par rapport aux bassins du nord, mais enregistre néanmoins une progression notable en comparaison annuelle.
Un répit stratégique, mais pas un relâchement
Avec un taux national supérieur à 70% et 11,8 milliards de m³ mobilisés, le Maroc retrouve une marge de sécurité hydrique significative. Cette embellie consolide l’approvisionnement en eau potable et soutient l’activité agricole.
Pour autant, cette respiration ne saurait occulter l’impératif d’une gouvernance rigoureuse de la ressource. Car si la pluie a rempli les retenues, seule une gestion durable garantira la stabilité à long terme face aux cycles climatiques de plus en plus contrastés.


