La police indonésienne a démantelé un réseau international de trafic de bébés impliquant au moins 25 nourrissons, dont une partie aurait été vendue illégalement à Singapour. Ce vaste coup de filet s’est soldé par l’arrestation de 13 personnes, dont 12 femmes et un homme, dans la province de Java occidental. L’instigatrice présumée du réseau, identifiée sous le nom de Lily S., alias “Popo”, a été interpellée le 18 juillet 2025 à l’aéroport Soekarno-Hatta près de Jakarta.
Les enquêteurs révèlent que ce réseau opérait depuis 2023. Les bébés, réservés parfois dès la grossesse, étaient vendus entre 11 et 16 millions de roupies indonésiennes, soit entre 670 et 1 000 dollars. Les nourrissons étaient ensuite hébergés, soignés, et des documents falsifiés leur étaient attribués avant d’être envoyés à l’étranger. Quatorze d’entre eux auraient été envoyés à Singapour, où ils étaient adoptés illégalement par des ressortissants locaux.
Ce trafic a été mis au jour suite à une plainte pour enlèvement, déposée par un parent mécontent de ne pas avoir reçu l’argent promis en échange de son enfant. L’enquête a démontré que certains parents, souvent en grande précarité, avaient volontairement cédé leur bébé. Dans un pays où l’avortement est strictement encadré, la pauvreté — touchant plus de 30 millions d’Indonésiens — rend certaines familles vulnérables aux offres de ces réseaux criminels.
Selon la police de Java occidental, les suspects occupaient différents rôles : recruteurs, hébergeurs, soignants, faussaires et coordinateurs logistiques. Les autorités ont pu secourir six bébés, actuellement sous protection. Une coopération internationale avec Interpol est en cours afin d’identifier d’autres victimes et complices, notamment à Singapour.

