Le rapport d’activité 2025 de la Direction générale des impôts (DGI) confirme la bonne dynamique des finances publiques marocaines. Portée par les effets de la réforme fiscale, la montée en puissance des services numériques et l’amélioration de la conformité volontaire des contribuables, l’administration fiscale a enregistré des résultats inédits en matière de mobilisation des recettes. Les encaissements bruts ont atteint près de 295 milliards de dirhams, dépassant largement les prévisions de la Loi de finances, tandis que plusieurs chantiers structurants ont renforcé l’efficacité de l’institution et simplifié les démarches des contribuables.
Des recettes fiscales à un niveau historique
L’année 2025 s’est soldée par des performances sans précédent pour la DGI. Les recettes fiscales brutes se sont établies à 294,97 milliards de dirhams, en progression de près de 19 % par rapport à l’exercice précédent. Ce résultat représente 113,8 % des prévisions inscrites dans la Loi de finances, illustrant une capacité de mobilisation supérieure aux attentes.
Les recettes fiscales nettes ont, pour leur part, atteint 269,98 milliards de dirhams, soit une hausse de 19 %, après prise en compte des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux qui se sont élevés à près de 25 milliards de dirhams. Ces remboursements ont progressé de 14 %, traduisant l’effort de l’administration pour accélérer les restitutions, notamment de TVA, au profit des entreprises.
L’impôt sur les sociétés demeure le principal moteur de cette progression avec plus de 100 milliards de dirhams de recettes, devant la TVA intérieure et les autres impôts directs et indirects.
Une réforme fiscale qui produit ses premiers effets
L’année 2025 marque également une étape importante dans la mise en œuvre de la réforme fiscale engagée conformément à la loi-cadre.
La principale évolution concerne la refonte de l’impôt sur le revenu. Le nouveau dispositif prévoit un relèvement du seuil d’exonération, un élargissement des tranches du barème ainsi qu’une réduction du taux marginal. Ces mesures visent à améliorer le pouvoir d’achat des salariés et des retraités tout en renforçant l’attractivité de l’emploi déclaré.
La DGI a également vu son champ de compétence s’élargir avec la prise en charge de la gestion de la taxe d’habitation et de la taxe de services communaux, une évolution destinée à simplifier les démarches administratives des contribuables et à moderniser la fiscalité locale.
La conformité volontaire devient le principal levier de collecte
L’administration fiscale confirme son choix de privilégier la relation de confiance avec les contribuables.
En 2025, les recettes spontanées ont atteint 274 milliards de dirhams, représentant 93 % des recettes fiscales globales. Cette évolution témoigne d’une amélioration continue du civisme fiscal et d’une meilleure adhésion aux obligations déclaratives.
Cette dynamique s’accompagne d’un élargissement significatif de la base fiscale. La DGI comptabilise près de 383 000 nouveaux adhérents, portant le nombre total à près de 2,9 millions de contribuables enregistrés.
La digitalisation accélère les services fiscaux
La transformation numérique constitue désormais l’un des principaux moteurs de modernisation de la DGI.
En 2025, plus de 26,5 millions d’opérations ont été réalisées de manière entièrement dématérialisée. Les télépaiements dépassent les 12,3 millions, tandis que 91,4 % des recettes fiscales sont désormais acquittées par voie électronique. Plus de 6,2 millions d’e-attestations ont également été délivrées, en progression de 34 %.
L’administration poursuit parallèlement le déploiement de projets technologiques majeurs, notamment le Data Lake fiscal, la généralisation de la réception électronique des fichiers comptables, le développement de la facturation électronique ainsi que de nouveaux téléservices permettant, entre autres, le remboursement en ligne de la TVA.
Une administration qui renforce sa performance
Le rapport met également en avant les efforts engagés pour améliorer l’efficacité interne de la DGI.
Les effectifs atteignent désormais 6 606 collaborateurs, après le recrutement de 412 nouveaux cadres au cours de l’année. La majorité de ces recrutements concerne directement les métiers liés à la gestion fiscale, au contrôle et au recouvrement. En parallèle, plus de 13 600 participations à des actions de formation ont été enregistrées afin d’accompagner les évolutions des métiers fiscaux et numériques.
La DGI poursuit également le déploiement de son plan stratégique 2024-2028, désormais recentré autour de six projets structurants destinés à renforcer la gouvernance, l’expérience des usagers, l’intelligence fiscale et la transformation numérique.
Une reconnaissance internationale
Les progrès réalisés par l’administration fiscale marocaine ont été salués à l’échelle internationale.
À l’issue de l’évaluation conduite par le Fonds monétaire international selon la méthodologie TADAT, la DGI a obtenu 14 indicateurs classés au niveau de performance le plus élevé, contre seulement quatre lors de la précédente évaluation réalisée en 2018. Cette progression reflète les avancées enregistrées en matière de gouvernance, de gestion des risques, de digitalisation et de qualité des services rendus aux contribuables.
En parallèle, le Maroc a consolidé sa présence au sein des principales instances internationales consacrées à la coopération fiscale et à la transparence, renforçant ainsi son positionnement parmi les administrations fiscales les plus engagées dans les standards internationaux.
Au terme de l’exercice 2025, la Direction générale des impôts affiche un bilan marqué par une progression soutenue des recettes, une réforme fiscale en cours de déploiement, une digitalisation accélérée et une amélioration continue des services. Des résultats qui traduisent la volonté de moderniser durablement l’administration fiscale tout en consolidant les ressources nécessaires au financement des politiques publiques.

