Le secteur des hydrocarbures au Maroc connaît une nouvelle dynamique. Près de dix entreprises sont actuellement engagées dans des activités d’exploration pétrolière et gazière à travers le Royaume, un mouvement marqué, pour la première fois, par l’arrivée d’investisseurs marocains. Cette évolution a été annoncée par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants.
La ministre a indiqué que ces opérateurs travaillent dans le cadre de 40 permis d’exploration offshore, neuf permis onshore et quatre concessions d’exploitation, illustrant l’intérêt croissant porté au potentiel énergétique national. Selon elle, le dispositif juridique encadrant la recherche et l’exploitation des hydrocarbures figure parmi les plus compétitifs à l’échelle internationale, offrant un environnement favorable aux investisseurs.
Leïla Benali a souligné que les efforts engagés pour attirer les capitaux étrangers, associés aux découvertes de gaz naturel réalisées dans les régions du Gharb, d’Essaouira, de Tendrara et au large de Larache, ont permis d’obtenir des résultats jugés encourageants. Ces découvertes alimentent les perspectives de développement du secteur, même si la ministre estime que le potentiel reste encore sous-exploité au regard des avantages prévus par le cadre réglementaire en vigueur.
Afin d’accélérer cette dynamique, le ministère mène une réforme en profondeur de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM). L’objectif est de renforcer les capacités de l’établissement public, d’améliorer l’accompagnement des projets d’exploration et de créer les conditions d’un développement plus soutenu de la filière pétrolière et gazière.
L’entrée de capitaux marocains constitue également un tournant pour le secteur. Jusqu’à présent dominées par des opérateurs internationaux, les activités d’exploration attirent désormais des investisseurs nationaux, une évolution qui pourrait favoriser une meilleure mobilisation des ressources locales et accélérer la concrétisation de nouveaux projets énergétiques.
Interrogée sur la sécurité d’approvisionnement en produits pétroliers, Leïla Benali a assuré que le Maroc n’a connu aucune rupture d’approvisionnement malgré les fortes turbulences observées sur les marchés internationaux de l’énergie au cours des cinq dernières années. Cette stabilité résulte, selon elle, d’une stratégie reposant sur une veille permanente, une coordination étroite entre les différents intervenants et une gestion flexible des situations de crise.
Les capacités nationales de stockage ont, dans ce contexte, progressé de plus de 30 % entre 2021 et 2025, représentant l’équivalent de plus de 17 jours supplémentaires de consommation nationale. Ce renforcement vise à améliorer la résilience du pays face aux fluctuations des marchés internationaux et aux éventuelles perturbations logistiques.
La ministre a toutefois rappelé que près de 80 % des capacités de stockage demeurent concentrées entre Casablanca et la région de Tanger. Les autorités poursuivent donc leurs efforts, en concertation avec les différents acteurs du secteur, afin de développer des infrastructures dans les autres régions du Royaume. Cette stratégie doit permettre une répartition plus équilibrée des stocks, renforcer la sécurité énergétique nationale et améliorer la fluidité de l’approvisionnement sur l’ensemble du territoire.
L’évolution simultanée de l’exploration des hydrocarbures, de la modernisation de l’ONHYM et du renforcement des infrastructures de stockage traduit la volonté des pouvoirs publics de consolider la souveraineté énergétique du Maroc tout en créant un environnement plus attractif pour les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou internationaux.

