Alors que le Maroc s’impose progressivement comme une référence continentale en matière d’organisation sportive, porté par les préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations et du Mondial 2030, la gestion quotidienne de la Botola Pro continue de susciter interrogations et critiques.
En cause : une succession de décisions organisationnelles jugées incohérentes, notamment en matière de programmation et de choix des stades.
Les récents ajustements concernant le match opposant le Raja Club Athletic à l’Union Touarga illustrent cette situation. Initialement prévu à Rabat, au stade de la Ville, la rencontre a été délocalisée par la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) vers le stade du 18 Novembre à Khémisset, en raison de l’indisponibilité du stade. Quelques jours plus tard, une intervention de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) a conduit à une révision de cette décision, ravivant le débat sur la coordination entre les instances de tutelle.
Ces changements de dernière minute, devenus récurrents, posent un véritable problème de gouvernance. Ils perturbent la préparation des clubs, compliquent la logistique des déplacements et entretiennent un climat d’incertitude autour de la compétition. Pour de nombreux observateurs, cette instabilité reflète un déficit de planification et une prise de décision parfois influencée par la pression médiatique ou populaire.
Dans un championnat qui se veut professionnel, la stabilité des décisions et la clarté des procédures devraient constituer des principes fondamentaux. Or, la multiplication des reports et des délocalisations fragilise l’équité sportive et nuit à la crédibilité du produit “Botola Pro”, à un moment où le football marocain cherche à renforcer son attractivité et sa visibilité.
Si les infrastructures et le potentiel humain ne sont plus à démontrer, la problématique reste essentiellement organisationnelle. Une meilleure anticipation, une coordination renforcée entre la Ligue et la Fédération, ainsi qu’une communication plus transparente apparaissent aujourd’hui comme des impératifs.
Ces dysfonctionnements organisationnels risquent-ils d’affecter durablement la crédibilité de la Botola Pro, ou constituent-ils une étape transitoire avant une réforme profonde de la gouvernance du football professionnel marocain ?

