L’importation d’une cargaison de 22,2 tonnes de boyaux de porc en provenance de la région de Koursk, en Russie, a récemment suscité une vive polémique au Maroc. Face aux inquiétudes relayées sur les réseaux sociaux concernant une éventuelle commercialisation sur le marché national, l’office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a apporté des clarifications fermes : ces produits ne sont pas destinés à la consommation au Maroc et ne sont pas commercialisés dans le Royaume.
Selon des sources officielles, l’importation est réalisée exclusivement par des entreprises marocaines agréées, spécialisées dans la transformation industrielle des boyaux. Ces unités, au nombre d’environ quinze, opèrent dans un cadre réglementaire strict et sous contrôle sanitaire permanent. Les boyaux, importés à l’état brut et salé, subissent plusieurs étapes techniques : lavage approfondi, élimination des impuretés, calibrage selon le diamètre et la longueur, nouveau salage, séchage et conditionnement, avant d’être intégralement réexportés vers des marchés internationaux, notamment en Europe.
La cargaison expédiée depuis la Russie a été annoncée par l’autorité vétérinaire russe compétente, dans le cadre du développement de ses débouchés à l’export. Toutefois, les professionnels du secteur au Maroc rappellent que cette activité industrielle existe depuis des décennies et concerne différents pays fournisseurs. La nouveauté tient uniquement à l’origine russe de la marchandise.
Les acteurs de la filière insistent sur un point central : les boyaux de porc importés ne peuvent légalement ni techniquement intégrer un circuit de production alimentaire destiné au marché marocain. Les fabricants locaux de charcuterie et de produits halal utilisent exclusivement des boyaux de bovins ou d’ovins, conformes aux normes de l’abattage halal et soumis à des contrôles rigoureux.
Les précisions apportées par l’ONSSA visent ainsi à rassurer les consommateurs quant au respect des normes sanitaires, à la traçabilité des produits et à la préservation du caractère halal des denrées commercialisées au Maroc. Le rôle du Royaume dans cette opération se limite à une transformation industrielle orientée vers l’export, sans impact sur la sécurité alimentaire nationale.


