Le Maroc poursuit son amélioration en matière de transparence budgétaire. Selon les résultats de l’Enquête sur le Budget Ouvert 2025 publiés le 15 avril 2026 par International Budget Partnership, le Royaume atteint un score de 51 points, en hausse de 4 points par rapport à 2023. Une progression qui confirme une dynamique engagée depuis plusieurs années, marquée par des avancées régulières après des scores de 47 en 2023, 48 en 2021, 43 en 2019 et 45 en 2017.
À l’échelle de la région MENA, le Maroc se maintient au troisième rang, derrière la Jordanie et l’Égypte. Ce positionnement s’explique par une meilleure accessibilité des informations budgétaires mises à la disposition du public, notamment à travers les documents clés tels que le projet de loi de finances, la revue de milieu d’année et le rapport préalable au budget. Ces outils renforcent la lisibilité de l’action publique et facilitent l’accès des citoyens aux données financières de l’État.

Les progrès sont également visibles en matière de contrôle budgétaire. Le score du Maroc gagne 8 points pour atteindre 51 en 2025, contre 43 en 2023. Cette évolution repose en grande partie sur le renforcement du rôle du Parlement, dont l’indice progresse de 13 points, passant de 42 à 55. Cette montée en puissance traduit une implication accrue du pouvoir législatif dans le suivi des finances publiques, en complément du rôle de la Cour des comptes, qui continue de consolider les mécanismes de contrôle et d’évaluation.

La participation citoyenne n’est pas en reste. Le Maroc améliore son score de 9 points, soit une progression de 60 %, ce qui lui permet de conserver la deuxième place dans la région, juste derrière l’Égypte. Cette évolution reflète une volonté d’impliquer davantage les citoyens dans le processus budgétaire, en facilitant leur compréhension des enjeux et en élargissant les espaces d’expression.
Ces résultats s’inscrivent dans un cadre plus large de réformes engagées depuis plusieurs décennies. La Constitution de 2011, la loi organique n°130-13 relative à la loi de finances adoptée en 2015 et la loi sur le droit d’accès à l’information promulguée en 2019 ont progressivement structuré un environnement plus transparent et plus exigeant en matière de gestion publique. Cette trajectoire s’appuie sur une vision de long terme portée par Mohammed VI, visant à concilier performance budgétaire, transparence et soutenabilité.
Dans cette continuité, le nouveau Cadre stratégique de réforme des finances publiques 2026-2032 vient poser les jalons d’une nouvelle étape. Articulé autour de cinq axes – performance, soutenabilité, transparence et inclusivité intégrant le genre, le climat et la territorialité – ce dispositif entend approfondir les acquis tout en répondant aux attentes croissantes en matière de gouvernance.
L’axe dédié à la transparence prévoit notamment de rendre l’information budgétaire plus accessible et plus compréhensible pour le grand public. Il repose sur la consolidation des actions déjà engagées, le développement d’une plateforme dédiée au budget ouvert et le déploiement d’outils innovants pour encourager la participation citoyenne. L’objectif est clair : rapprocher davantage les finances publiques des citoyens et renforcer leur appropriation des politiques budgétaires.
La mise en œuvre de cette stratégie s’appuiera sur un plan d’actions triennal à partir de 2026. Ce dispositif précisera les priorités, les responsabilités des différentes institutions, les échéances ainsi que les ressources mobilisées. Il intégrera également un cadre de suivi et d’évaluation destiné à mesurer l’impact des réformes engagées.
À travers ces avancées, le Maroc confirme son engagement en faveur d’une gestion publique plus transparente et plus ouverte, dans un contexte international où les exigences en matière de gouvernance financière ne cessent de se renforcer.


