Le géant britannique du luxe Burberry a annoncé mercredi une perte nette de 75 millions de livres pour son exercice annuel clos fin mars, contre un bénéfice de 270 millions un an plus tôt. En pleine tourmente, la maison centenaire déclenche un nouveau plan d’économies à hauteur de 60 millions de livres d’ici 2027, qui pourrait entraîner la suppression de 1 700 postes à travers le monde, soit près de 18 % de ses effectifs.
Malgré une tentative de redressement entamée fin 2024, les résultats publiés confirment les difficultés persistantes du groupe. Burberry, emblème du raffinement britannique, souffre d’une baisse de la demande mondiale pour les produits haut de gamme, particulièrement en Chine, marché stratégique pour le secteur du luxe. Les tensions géopolitiques et les nouvelles barrières douanières aux États-Unis, notamment annoncées par Donald Trump, viennent aggraver la situation du groupe qui espérait compenser la faiblesse asiatique par une relance américaine.
Le recentrage stratégique opéré fin 2024 sur les pièces emblématiques comme le trench-coat semble insuffisant pour inverser durablement la tendance. Si une « amélioration significative des ventes au détail » est observée selon le groupe, le chemin de la reprise reste incertain. « Nous n’en sommes qu’aux débuts de notre redressement », a reconnu le directeur général Joshua Schulman, successeur de Jonathan Akeroyd, qui avait quitté ses fonctions en juillet 2024 après avoir renoncé à sa prime annuelle.
Déjà rétrogradée du prestigieux indice boursier FTSE 100 à l’automne dernier, la marque britannique voit sa capitalisation continuer de s’éroder. Le nouveau plan d’économie vient s’ajouter à celui de 40 millions de livres annoncé précédemment, portant les efforts d’ajustement à 100 millions de livres d’ici deux ans. Burberry mise sur la résilience de ses catégories historiques pour retrouver sa place dans un secteur du luxe bousculé par l’inflation, l’incertitude économique mondiale et l’évolution des goûts des consommateurs.


