Et si votre pause-café du matin s’avérait être un véritable allié santé à long terme ? Une étude américaine de grande envergure, dévoilée récemment à Orlando lors du congrès annuel de l’American Society for Nutrition, suggère qu’une consommation régulière de café pourrait favoriser un vieillissement en bonne santé, en particulier chez les femmes. Un constat qui pourrait bien réconcilier plaisir quotidien et hygiène de vie.
Menée sur une cohorte de plus de 47 000 infirmières suivies pendant près de 30 ans, cette recherche associe une consommation quotidienne de caféine entre 45 et 60 ans à une probabilité plus élevée de rester en bonne santé après 70 ans. Autrement dit, ces femmes, grandes consommatrices de café au cœur de leur vie active, auraient mieux traversé les décennies que leurs congénères plus modérées.
Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques de l’Université Harvard et de l’Université de Toronto ont analysé des milliers de questionnaires détaillant les habitudes alimentaires, le mode de vie et l’état de santé des participantes. L’étude s’est focalisée sur leur consommation de café, de thé et de cola – trois boissons contenant de la caféine – en lien avec leur état de santé passé 70 ans. Résultat : les femmes qui consommaient en moyenne 315 mg de caféine par jour (l’équivalent de deux à trois tasses de café) présentaient un profil de vieillissement nettement plus favorable.
Par « vieillissement en bonne santé », les chercheurs entendent une absence de maladies chroniques majeures comme le diabète de type 2, les cancers, les maladies cardiovasculaires ou encore les troubles cognitifs, mais aussi une bonne condition physique et mentale. En 2016, à l’issue de la période d’observation, 3 706 femmes de plus de 70 ans répondaient à ces critères exigeants. Et pour 80 % d’entre elles, la principale source de caféine provenait du café. En revanche, les consommatrices de thé ou de café décaféiné n’ont pas présenté les mêmes bénéfices, ces boissons contenant moins voire pas de caféine du tout.
Loin d’encourager la surconsommation, les auteurs de l’étude rappellent que deux tasses par jour suffisent à observer un effet bénéfique. Chaque tasse supplémentaire augmenterait de 2 à 5 % la probabilité de vieillir en bonne santé. À l’inverse, la consommation de boissons sucrées comme le cola – pourtant riche en caféine – s’est avérée contre-productive, réduisant les chances de bonne santé de 10 à 20 % selon les cas.
Pour Sara Mahdavi, nutritionniste à Harvard et principale autrice de l’étude, ces résultats renforcent l’idée que de petites habitudes bien ancrées dans le quotidien peuvent faire une réelle différence sur la santé à long terme, surtout lorsqu’elles s’intègrent dans un mode de vie globalement sain, incluant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et l’absence de tabac.
Les chercheurs s’intéressent désormais à l’interaction entre les composants actifs du café et les marqueurs génétiques du vieillissement. Leur objectif : aller plus loin en développant des recommandations nutritionnelles personnalisées favorisant la longévité, en particulier chez les femmes.
Loin d’être un simple remontant matinal, le café pourrait bien devenir, à terme, un atout sérieux pour rester en forme en avançant en âge.


