Le feuilleton de la finale de la CAN 2025 prend une nouvelle dimension judiciaire. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a confirmé, mercredi 25 mars, l’ouverture d’une procédure après le recours introduit par la Fédération sénégalaise de football (FSF) contre la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
Au cœur du litige : la décision rendue le 17 mars par la CAF d’attribuer la victoire au Maroc sur tapis vert (3-0), après avoir déclaré le Sénégal forfait. L’instance basée à Lausanne devra désormais trancher définitivement et désigner le champion d’Afrique entre les Lions de la Teranga et les Lions de l’Atlas.
Huit jours après le verdict de la CAF, et visiblement toujours sous le choc, Dakar a choisi de prolonger le match… mais cette fois devant les tribunaux. Un recours a été officiellement déposé le 25 mars auprès du TAS, avec un objectif clair : faire annuler la décision de l’instance africaine et tenter de s’attribuer, sur tapis vert, un titre que le Maroc a déjà fait basculer dans son histoire.
Dans sa communication, le TAS confirme que l’appel vise directement la légitimité du verdict rendu par la CAF, une décision qui a certes agité le football africain… mais qui a surtout remis les règles au centre du jeu. Car si certains découvrent aujourd’hui les textes, le Maroc, lui, les a respectés.
Du côté de la Fédération sénégalaise, le discours reste inchangé : contestation du forfait, remise en cause des conditions de la finale, et désormais une nouvelle manœuvre procédurale. La FSF demande même un délai supplémentaire, arguant ne pas disposer de tous les éléments de la décision.
Cette requête complique d’emblée le calendrier de la procédure. Le TAS, tout en confirmant l’ouverture du dossier, indique qu’il est pour l’instant impossible de fixer une échéance précise pour l’audience ou le verdict final. Les différentes parties devront d’abord soumettre leurs arguments détaillés et les éléments de preuve, une étape indispensable avant la constitution du panel arbitral.
Pendant ce temps, le Maroc n’a rien à revendiquer devant les juridictions : il a gagné là où cela compte vraiment. Sur le terrain d’abord, puis dans le respect des règles. Et si certains espèrent encore inverser le score dans les couloirs du droit, la réalité reste la même : un titre, ça se joue… et ça se mérite.

Le directeur général du TAS, Matthieu Reeb, a rappelé que l’institution dispose de l’expertise nécessaire pour gérer ce type de litige, avec des arbitres indépendants et spécialisés. Il a également assuré que la procédure sera menée dans le respect des droits de chaque partie, tout en veillant à rendre une décision dans des délais raisonnables.
Au-delà des arguments juridiques, les faits restent têtus. Une finale ne se joue pas à moitié, encore moins à la carte. Quitter le terrain pour aller contester sur Snapchat, comme l’ont fait les joueurs sénégalais, c’est prendre le risque de perdre sur tous les tableaux. Et sur ce point, difficile d’imaginer que le TAS fasse abstraction d’un élément aussi central dans la lecture du dossier.
Car au fond, il ne s’agit pas seulement d’interprétation des textes, mais de respect de l’esprit du jeu. Le Maroc, lui, est resté dans son match, concentré sur l’essentiel. Les autres ont choisi de le quitter.
Et si le droit doit aujourd’hui départager ce qui n’aurait jamais dû dépasser la pelouse, il est peu probable qu’il réécrive une réalité simple : un match se gagne en le jouant… pas en le quittant.


