À un peu plus d’un an du coup d’envoi de la CAN 2027, l’organisation conjointe par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie se retrouve fragilisée par des retards importants dans les infrastructures, au point de faire émerger un scénario de délocalisation. Un rapport d’inspection de la Confédération africaine de football, relayé notamment par Le Monde, pointe des insuffisances majeures dans plusieurs chantiers jugés essentiels pour accueillir une compétition de cette envergure.
La situation la plus critique concerne l’Ouganda, où aucun stade inspecté ne répond actuellement aux standards de catégorie 4 exigés par la CAF, indispensables pour organiser des matchs internationaux. Au Kenya, plusieurs projets accusent également des retards notables, à commencer par le stade Talanta de Nairobi, dont la livraison a déjà été repoussée à mi-2026, alimentant les doutes sur la capacité du pays à tenir les délais. À l’inverse, la Tanzanie affiche une progression plus rassurante, même si des défis logistiques subsistent, notamment en matière de coordination régionale et de transport.
Attribuée en avril 2023, la CAN 2027 devait marquer une première historique avec une organisation tripartite portée par le projet « Pamoja », symbole d’unité régionale en Afrique de l’Est. Les trois pays s’étaient engagés dans un vaste programme de modernisation, incluant la construction de nouveaux stades, la rénovation d’infrastructures existantes et le développement des capacités d’accueil. L’objectif était double : réussir une compétition continentale majeure et positionner la région comme une destination crédible pour les grands événements sportifs internationaux.
Mais à mesure que l’échéance approche, l’écart entre les ambitions affichées et la réalité des chantiers devient plus visible. Les retards constatés relancent les discussions autour d’un plan alternatif au sein de la CAF. En coulisses, des pays comme le Rwanda et surtout l’Afrique du Sud suivent de près l’évolution du dossier. Cette dernière apparaît comme une option solide, bénéficiant d’infrastructures déjà opérationnelles héritées de la Coupe du monde 2010.
Une éventuelle délocalisation représenterait un revers majeur pour le trio est-africain, tant sur le plan sportif que politique. Le Kenya et l’Ouganda continuent toutefois d’afficher leur détermination, promettant d’accélérer les travaux pour respecter leurs engagements. De son côté, la Tanzanie, plus avancée dans ses préparatifs, pourrait difficilement accepter de voir le projet lui échapper en raison des retards de ses partenaires.
La CAF se retrouve désormais face à un choix délicat : maintenir sa confiance dans un projet inédit mais incertain, ou sécuriser l’organisation de la CAN 2027 en optant pour une solution de repli plus fiable. Les prochaines inspections seront décisives pour trancher l’avenir d’un tournoi déjà sous pression.


