La décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’attribuer officiellement la victoire de la CAN au Maroc continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Dans la presse dakaroise, les qualificatifs se sont multipliés : « ridicule », « blague du siècle », « scandale », traduisant une indignation largement relayée par les médias locaux.
Mais au-delà de l’émotion et des titres à charge, la lecture du dossier repose avant tout sur un cadre réglementaire clair, que la CAF a choisi d’appliquer strictement. L’instance continentale a en effet tranché sur la base d’un principe fondamental : toute interruption ou abandon du jeu en dehors des règles encadrées peut entraîner des sanctions lourdes, allant jusqu’au forfait.
Dans ce contexte, la décision d’attribuer la victoire au Maroc ne relève pas d’une interprétation arbitraire, mais d’une application des règlements en vigueur. Un point largement occulté dans le traitement médiatique sénégalais, où la narration dominante insiste sur le résultat initial du match plutôt que sur les conditions de son déroulement.
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La presse sénégalaise, notamment Libération Sénégal, Record ou encore Stades, a opté pour une ligne éditoriale particulièrement offensive, dénonçant une décision jugée incompréhensible. Une posture qui traduit davantage une réaction nationale à chaud qu’une analyse juridique approfondie du dossier.
Du côté marocain, cette décision est perçue comme la reconnaissance d’un droit, celui de voir les règles du jeu respectées dans leur intégralité. Car si le football se joue sur le terrain, il repose également sur un socle réglementaire qui garantit l’équité entre les équipes.
En filigrane, cette séquence met en lumière une réalité souvent sous-estimée : les compétitions internationales ne se limitent pas à la performance sportive, mais intègrent aussi des exigences disciplinaires strictes. À ce titre, la décision de la CAF s’inscrit dans une logique de préservation de l’intégrité des compétitions.
Par ailleurs, un élément mérite d’être souligné : malgré la virulence des réactions, le Maroc reste relativement en retrait dans les critiques formulées par la presse sénégalaise, qui cible avant tout l’instance dirigeante du football africain. Une distinction importante, qui confirme que le différend se situe davantage sur le terrain réglementaire qu’entre les deux nations.
Alors que la Fédération sénégalaise envisage un recours devant les instances internationales, le débat devrait désormais se déplacer vers le terrain juridique. Mais une chose est acquise : en consacrant le Maroc, la CAF a rappelé que dans le football moderne, la règle est aussi déterminante que le résultat.


