Le Sud de l’Europe suffoque. Entre chaleur accablante et incendies dévastateurs, le Portugal, la Grèce, l’Italie et surtout l’Espagne livrent, en ce milieu d’août, une bataille exténuante contre les flammes. En Espagne, un troisième décès vient alourdir le bilan : un volontaire de 36 ans, engagé dans la lutte contre un brasier en Castille-et-León, a succombé jeudi matin.
Le Premier ministre Pedro Sánchez a salué la mémoire de ces victimes tout en rappelant que « la menace reste extrême ». Madrid, qui affronte son douzième jour consécutif d’alerte canicule, a vu ses pompiers et habitants épuisés par la chaleur et la fumée. Face à l’ampleur de la crise, l’Union européenne a été sollicitée pour renforcer les moyens aériens. Paris a répondu présent : deux Canadair français survolent désormais les zones les plus critiques.
La province de Zamora, en Castille-et-León, figure parmi les foyers les plus préoccupants, tandis qu’au total, onze incendies restent classés au niveau 2 d’alerte. Depuis le début de l’épisode, 10 700 personnes ont dû fuir leur domicile. L’année 2025 s’annonce déjà dramatique pour l’Espagne : plus de 148 000 hectares y ont brûlé depuis janvier, soit l’équivalent de la superficie de Los Angeles.
Au Portugal, une quinzaine d’avions et d’hélicoptères appuient plus de 800 pompiers dans le centre du pays, où le feu d’Arganil résiste aux assauts. À Trancoso, les flammes progressent toujours après cinq jours d’incendie ininterrompu.
La Grèce, elle, a réussi à contenir l’avancée du feu qui menaçait Patras, troisième ville du pays, mais reste sur le qui-vive avec des foyers actifs sur les îles de Zante et de Chios, ainsi qu’à proximité de Preveza. Quelque 600 équipes terrestres et près de 30 avions bombardiers d’eau sont déployés chaque matin dès l’aube.
Dans les Balkans, l’Albanie et le Monténégro comptent parmi les pays les plus durement frappés. Si le Monténégro a pu stabiliser la situation grâce à des conditions météo plus clémentes, l’Albanie lutte toujours contre plusieurs foyers.
L’Italie, jusqu’ici relativement épargnée par les feux, affronte en revanche une vague de chaleur suffocante. Seize villes, de Rome à Venise, sont placées en alerte rouge, avec des températures flirtant avec les 39°C à Florence et 38°C à Milan. Malgré cela, le traditionnel chassé-croisé du 15 août bat son plein, avec 12 millions de véhicules attendus sur les routes.
Même le nord du continent n’échappe pas à la fournaise. La Finlande a connu en juillet une série historique de 22 jours consécutifs au-dessus de 30°C. Selon le réseau scientifique World Weather Attribution, cette chaleur exceptionnelle a saturé les hôpitaux, provoqué des évanouissements, intensifié les incendies et même poussé les rennes à se réfugier dans les zones urbaines pour chercher de l’ombre.
L’Europe, du sud brûlant aux confins nordiques, vit ainsi un été où chaque degré gagné semble attiser un peu plus les flammes.

