Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook présidera le jury du 79e Festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai 2026. L’annonce, faite par les organisateurs, marque une première historique : jamais un cinéaste coréen n’avait occupé cette fonction au sein du plus prestigieux rendez-vous du cinéma mondial.
À 62 ans, l’auteur d’« Old Boy » succède à l’actrice française Juliette Binoche et aura la responsabilité, aux côtés de son jury, de désigner la Palme d’or 2026.
Cette nomination consacre une trajectoire singulière. En l’espace de douze longs métrages, Park Chan-wook s’est imposé comme l’un des stylistes les plus audacieux du cinéma contemporain. Son œuvre, souvent sombre, explore la vengeance, la violence sociale et les failles morales avec une mise en scène d’une grande sophistication. Révélé à l’international avec Old Boy, Grand Prix du jury à Cannes en 2004, il a ensuite confirmé son ancrage sur la Croisette. Thirst, ceci est mon sang a décroché le Prix du jury en 2009, tandis que Decision to Leave lui a valu le Prix de la mise en scène en 2022.
Au-delà des récompenses, son cinéma épouse les lignes de force de la production sud-coréenne : liberté de ton, hybridation des genres, attention aux fractures sociales. Dès 2000, son film « JSA (Joint Security Area) » battait des records au box-office national, signalant l’émergence d’une industrie capable de rivaliser avec les standards internationaux. Depuis, la vague culturelle coréenne n’a cessé de s’amplifier, portée notamment par la Palme d’or 2019 attribuée à Bong Joon-ho pour Parasite, mais aussi par le succès mondial de la série Squid Game.
Dans un communiqué, Park Chan-wook a évoqué son impatience de partager cette « captivité volontaire » avec les membres du jury. Il voit dans l’expérience collective de la projection en salle un acte de rassemblement, capable de créer une émotion partagée au-delà des frontières et des divisions. Une déclaration en phase avec l’esprit d’un festival qui, chaque année, transforme la Croisette en carrefour des regards et des sensibilités.
Le 23 mai 2026, c’est donc sous son autorité que sera remise la Palme d’or, succédant à celle attribuée l’an dernier à l’Iranien Jafar Panahi pour « Un simple accident ». À travers ce choix, le Festival de Cannes confirme son attention aux grandes voix du cinéma mondial et accompagne, une fois encore, le rayonnement international du cinéma sud-coréen.


