Réunis jeudi à Rabat, les principaux acteurs de la finance marocaine ont répondu à l’invitation de l’Association des Sociétés de Gestion et Fonds d’Investissement Marocains (ASFIM) pour l’édition 2025 de ses conférences annuelles. Sous le thème « Cap 2030 : Mobiliser l’épargne nationale pour financer les grands projets de demain », la rencontre s’est muée en véritable plaidoyer pour une refonte ambitieuse des mécanismes de financement au Maroc.
Autour de la table figuraient des décideurs de premier plan : Tarik Senhaji, président de l’AMMC, Khalid Safir, directeur général de la CDG, Mohammed Tarik Bchir, directeur du Trésor, et Mostafa Hassani, président de l’ASFIM. Tous ont souligné, chacun à leur manière, l’urgence d’ancrer durablement l’épargne nationale au cœur du financement de la transformation économique du Royaume.
Un secteur en pleine accélération
En ouverture, Mostafa Hassani a rappelé l’essor spectaculaire de l’industrie de la gestion d’actifs. En deux ans, les encours ont bondi de 230 milliards de dirhams, tirés par la montée en puissance des investisseurs institutionnels, mais aussi par l’intérêt croissant des entreprises et des ménages, qui ont renforcé leurs placements à hauteur de 10 milliards de dirhams.
Cette dynamique, selon lui, doit désormais servir des ambitions plus larges : « La mobilisation de l’épargne n’est pas seulement un exercice financier : c’est la condition pour soutenir la transformation économique du Maroc, porter ses secteurs d’avenir et accompagner son développement à long terme ».
L’épargne comme levier de souveraineté économique
De son côté, Khalid Safir a insisté sur un message fort : l’épargne nationale constitue une ressource stratégique. Elle garantit l’autonomie du pays face aux aléas extérieurs et sécurise le financement des grands chantiers. « L’épargne d’aujourd’hui, ce sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain », a-t-il rappelé, soulignant le rôle structurant de la CDG dans cette équation.
Deux panels pour repenser le financement de demain
La conférence a été rythmée par deux débats majeurs. Le premier portait sur la loi 03-25, qui redessine le cadre des OPCVM et ouvre la voie à une nouvelle génération de produits financiers adaptés aux besoins du futur cycle économique.
Le second panel s’est concentré sur l’enjeu central du jour : comment mobiliser davantage d’épargne nationale pour soutenir les projets structurants, transition énergétique, infrastructures, digitalisation, industrie décarbonée, inclusion financière, autant de priorités qui marqueront la décennie à venir, sans oublier la perspective globale de la Coupe du monde 2030.
Une industrie appelée à jouer un rôle décisif
Pour l’ASFIM, cet élan ne doit pas rester théorique. L’association plaide pour un renforcement du rôle des sociétés de gestion dans l’économie réelle, pour plus de transparence, de pédagogie et de proximité avec les épargnants, les institutions et les entreprises.
Son objectif reste clair : faire du Maroc un hub régional de la gestion d’actifs, capable de capter l’épargne africaine et d’attirer les investisseurs internationaux désireux de se positionner sur le continent.

