La capitale économique du Royaume accueille depuis jeudi les travaux du Forum africain sur les données administratives, un rendez-vous stratégique qui réunit des représentants de haut niveau venus des États membres de l’Union africaine, d’institutions européennes et d’agences internationales, autour d’un objectif commun : faire des données administratives un levier de gouvernance fondée sur des statistiques fiables.
Organisé dans le cadre du Programme Statistique Panafricain II (PAS II), financé par l’Union européenne et piloté par Expertise France en partenariat avec STATAFRIC et la CEA, ce forum marque un tournant dans la volonté africaine d’intégrer durablement les données administratives dans les systèmes statistiques nationaux.
Placée sous le thème : « Exploiter les données administratives en Afrique : briser les silos pour accélérer la réalisation de l’Agenda 2063 et de l’Agenda 2030 », la rencontre met en lumière les freins structurels qui limitent l’exploitation optimale des données sur le continent. Parmi les principaux obstacles évoqués : la fragmentation des sources, l’absence de normes communes, et le déficit de coordination entre les différentes institutions détentrices de données.
Plusieurs pays ont partagé leurs expériences pour illustrer les pistes de modernisation. Le Sénégal, par exemple, s’est distingué par son système d’identification unique (NINEA), tandis que l’Afrique du Sud a présenté une nouvelle loi statistique qui fait primer la production de statistiques nationales sur les règles de confidentialité, notamment pour les recensements.
Le Maroc a pour sa part exposé un cas pratique sur l’usage des données de consommation énergétique pour le suivi de ses indicateurs économiques. Le Ghana a mis en avant l’intérêt des données administratives pour améliorer la gouvernance locale, et le Sénégal a montré comment les données fiscales peuvent enrichir les indicateurs macroéconomiques.
Des experts du Rwanda et de l’INSEE (France) ont ouvert le débat sur les conditions techniques et juridiques d’un partage sécurisé des données, avec un accent particulier sur l’anonymisation, l’interopérabilité et l’accès réglementé.
Ce premier jour de forum a permis d’établir un consensus sur la nécessité d’un écosystème interconnecté, où les instituts nationaux de statistique collaborent étroitement avec les institutions détentrices de données, pour bâtir des politiques publiques basées sur des faits.
Les travaux se poursuivent jusqu’à samedi, avec notamment des sessions sur les modèles nordiques, les outils d’évaluation de la qualité des données, et les innovations technologiques destinées à faciliter l’intégration des registres administratifs dans la production statistique.

