Casablanca s’illustre une nouvelle fois comme pionnière en Afrique dans le domaine de la finance durable. Lors de la deuxième édition de la conférence « Scaling up carbon market in Africa », tenue récemment dans la capitale économique du Maroc, une annonce majeure a marqué les esprits : le lancement officiel du Green Assets Cluster, une initiative stratégique portée par Casablanca Finance City Authority (CFCA), en partenariat avec le groupe CDG et le soutien de la GIZ. Cet écosystème naissant entend structurer le marché volontaire du carbone au Maroc, et par-delà, positionner Casablanca comme carrefour continental de l’économie bas carbone.
Cette démarche ambitieuse vise à fédérer une diversité d’acteurs nationaux et internationaux, des décideurs publics aux entreprises privées, autour d’une dynamique collective axée sur la décarbonation, le transfert de compétences, et la création d’opportunités concrètes dans la finance verte. Au-delà du simple cadre technique, le projet entend insuffler une vision inclusive et pragmatique pour faire du Royaume un interlocuteur incontournable sur la scène climatique mondiale.
Pour Saïd Ibrahimi, directeur général de CFCA, le Green Assets Cluster représente bien plus qu’un outil financier. Il s’agit d’un levier structurant pour accompagner les engagements pris par le Maroc dans le cadre de l’Accord de Paris, mais aussi pour ouvrir de nouvelles perspectives de croissance en harmonie avec l’agenda climatique mondial. Il a affirmé que CFC aspire à devenir la plateforme de référence pour l’économie du carbone sur le continent, en misant sur des synergies sud-sud et en favorisant l’émergence de nouveaux segments économiques tournés vers le climat.
Cette dynamique bénéficie du soutien du groupe CDG, acteur public majeur du financement au Maroc. Son directeur général, Khalid Safir, a souligné que le marché volontaire du carbone doit évoluer vers un modèle intégré, crédible et équitable, à même de générer des flux financiers destinés à des domaines essentiels tels que la transition énergétique, l’agriculture durable ou encore la reforestation. Il a rappelé que la CDG se positionne en acteur mobilisateur, capable de coordonner les efforts des différents partenaires autour d’une vision commune, en cohérence avec les contributions nationales déterminées (CDN) et les exigences de l’article 6 de l’Accord de Paris, ainsi que du mécanisme international CORSIA.
La conférence, à laquelle ont participé notamment la ministre de la Transition énergétique Leila Benali et l’ambassadrice de l’Union européenne Patricia Llombart Cussac, a permis de mettre en lumière le rôle structurant que peut jouer le Maroc dans les échanges carbone à l’échelle africaine. Les discussions ont insisté sur la nécessité de construire un marché fiable, avec des infrastructures solides, une gouvernance transparente et des règles harmonisées, capables d’attirer investisseurs, porteurs de projets et partenaires internationaux.
Au-delà des discours, le lancement du Green Assets Cluster marque le début d’un chantier d’envergure pour bâtir un écosystème efficient, où Casablanca pourrait jouer un rôle de hub régional. Ce positionnement stratégique répond à la volonté du Royaume de renforcer sa compétitivité à l’échelle internationale tout en consolidant son rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique. En rassemblant expertises techniques, volontés politiques et initiatives économiques, le Maroc envoie un signal fort : il entend faire entendre sa voix dans la gouvernance climatique mondiale, non pas en suiveur, mais en force motrice.

