Du 14 au 24 mai 2025, Casablanca se transformera en capitale du théâtre, à l’occasion de la 18e édition du Festival International de Théâtre, organisée par la Fondation des Arts Vivants. Une édition symbolique, marquant également les vingt ans de cette institution culturelle engagée dans la promotion des arts vivants au Maroc.
Au programme, douze spectacles nationaux et internationaux soigneusement sélectionnés, portés par des voix singulières venues du Maroc, du monde arabe et d’ailleurs. Les représentations auront lieu dans quatre hauts lieux de la scène casablancaise : le Studio des Arts Vivants, le Théâtre Mohammed VI, le Complexe Culturel d’Anfa et le Théâtre Mohamed Zefzaf.
La Tunisie, invitée d’honneur : théâtre de mémoire et de résistance
Cette année, le Maroc met à l’honneur la Tunisie, pays dont la scène théâtrale est reconnue pour son audace, sa force poétique et son engagement social. Un hommage assumé à une tradition théâtrale maghrébine en constante réinvention, marquée par la liberté de ton et la richesse des récits.
La pièce d’ouverture, Danse Céleste, création tunisienne inspirée et contemporaine, incarnera l’esprit de cette édition : plurielle, engagée et résolument tournée vers les nouvelles formes d’expression scénique. Plusieurs artistes tunisiens prendront également part aux conférences et échanges professionnels, témoignant de la vivacité du dialogue culturel entre les deux rives du Maghreb.
Trois hommages, trois figures emblématiques du théâtre maghrébin
Le festival rendra hommage à trois personnalités qui ont marqué de leur empreinte la scène théâtrale maghrébine : Mouna Noureddine, légende du théâtre tunisien ; Elhachmi Benamar, pilier de la scène universitaire marocaine ; et Souad Khouyi, grande comédienne dont l’engagement artistique a inspiré plusieurs générations. Trois parcours exemplaires, porteurs d’une mémoire vivante et d’une passion transmise.
Nouveaux formats : conférences et masterclasses pour nourrir la réflexion artistique
Grande nouveauté de cette 18e édition : l’introduction de deux conférences de haut niveau et de masterclasses ouvertes aux jeunes artistes. Objectif affiché : créer un espace de réflexion et de transmission intergénérationnelle.
Parmi les temps forts, deux rencontres thématiques exploreront les enjeux esthétiques et politiques du théâtre dans le monde maghrébin, ainsi que les liens entre art, poésie et engagement à travers une discussion centrée sur la Palestine.
En parallèle, trois masterclasses encadrées par des artistes marocains et internationaux proposeront des formations intensives autour du jeu d’acteur, de la mise en scène et de l’écriture dramatique contemporaine. Un levier pour stimuler l’émergence de nouvelles voix et faire du théâtre un véritable outil d’émancipation.
Un festival au service du dialogue et de la transformation sociale
Pour Noureddine Ayouch, président de la Fondation des Arts Vivants, ce festival incarne « l’une des expressions les plus profondes de notre engagement culturel ». Il souligne que cette édition, qui célèbre également deux décennies d’action artistique, s’inscrit dans une vision du théâtre comme « lieu d’écoute, d’émotion et de transformation sociale ».
Même écho du côté d’Adil Madih, directeur du Festival International Théâtre & Cultures, qui voit dans cette 18e édition une volonté de « faire dialoguer les scènes du Sud, d’ouvrir des chemins de création, et de construire une culture théâtrale ancrée dans notre époque ».
Pendant dix jours, Casablanca vibrera au rythme des mots, des corps et des récits venus d’ici et d’ailleurs. Une invitation à (re)découvrir le théâtre comme espace de partage, de mémoire et d’avenir.

