Casablanca s’apprête à accueillir un événement culturel d’envergure, à la croisée du patrimoine musical et de l’innovation technologique. Le 10 avril 2026, le Complexe Mohammed V vibrera au rythme d’un concert exceptionnel consacré à la légende de la chanson arabe, Abdel Halim Hafez, ressuscité sur scène sous forme d’hologramme.
Surnommé le « Rossignol brun », l’artiste égyptien demeure l’une des figures les plus marquantes de la musique arabe du XXe siècle, avec un répertoire riche de centaines de chansons qui continuent de traverser les générations. Son retour virtuel sur scène, plus de quarante ans après sa disparition, s’inscrit dans une tendance croissante de numérisation du patrimoine artistique.
Porté par la société XtendVision, le spectacle intitulé « Halim – The Hologram Concert Experience » se veut une expérience immersive inédite. Il combine une technologie holographique de pointe, une reconstitution fidèle de l’image et de la voix de l’artiste, ainsi qu’un orchestre live composé de près de 60 musiciens. L’objectif : recréer l’émotion d’un concert en direct, tout en exploitant les possibilités offertes par les nouvelles technologies.
Au-delà de la performance technique, les organisateurs mettent en avant une exigence d’authenticité. Le projet s’appuie sur des archives originales et des objets personnels de l’artiste, ainsi que sur un travail minutieux de modélisation numérique visant à restituer les différentes phases de sa vie. Cette attention portée au détail témoigne d’une volonté de dépasser le simple hommage pour proposer une véritable reconstitution artistique.
Casablanca devient ainsi le point de départ d’une tournée mondiale, confirmant la place du Maroc comme une scène culturelle capable d’accueillir des productions d’envergure internationale. Ce choix n’est pas anodin : le Royaume entretient depuis longtemps un lien particulier avec l’artiste, qui y était régulièrement invité et y jouissait d’une grande popularité.
Cependant, ce type de spectacle soulève également des interrogations. Une précédente expérience d’hologramme, présentée lors du festival Mawazine, avait suscité des critiques quant à la qualité technique et à la pertinence artistique du dispositif. Ce nouveau concert est donc attendu comme une forme de « revanche », avec l’ambition de répondre aux attentes du public et de redéfinir les standards de ce genre de production.
Entre nostalgie et modernité, ce concert illustre une mutation profonde des formes de spectacle vivant. En convoquant une figure emblématique disparue grâce à la technologie, il interroge le rapport du public à la mémoire, à l’authenticité et à l’émotion artistique.
Plus qu’un simple événement musical, ce rendez-vous s’impose ainsi comme un moment clé de l’actualité culturelle marocaine, révélateur des nouvelles voies empruntées par l’industrie du divertissement à l’ère numérique.

