À Casablanca, la coopération universitaire entre l’Afrique et l’Europe franchit un nouveau cap. L’Université Hassan II de Casablanca accueille, du 25 au 27 mars, la première édition du Forum Afrique-Europe de l’alliance CIVIS – European Civic University Alliance, un rendez-vous scientifique d’envergure réunissant près de 200 chercheurs, universitaires et responsables institutionnels issus des deux continents. L’événement place la recherche scientifique, l’enseignement supérieur et l’innovation académique au centre d’un dialogue structuré autour des grands défis mondiaux.
Porté par un réseau de 11 universités européennes et de six partenaires africains, le Forum CIVIS Afrique-Europe vise à consolider un espace académique intercontinental fondé sur la coopération scientifique et la co-production des connaissances. Cette rencontre entend favoriser des réponses concertées face aux enjeux contemporains, qu’il s’agisse de santé mondiale, de changement climatique, de transition numérique ou encore de mutations sociétales profondes. Les échanges portent également sur le rôle stratégique de l’université comme moteur de transformation durable et de développement humain.
L’organisation de ce forum au Maroc illustre la volonté de l’Université Hassan II de Casablanca de renforcer son ouverture internationale et de multiplier les passerelles académiques entre les institutions africaines et européennes. Son président, Houssine Azeddoug, a souligné l’ambition de positionner l’établissement comme un carrefour de savoirs et d’expertises, favorisant l’interdisciplinarité et l’innovation scientifique au service des priorités sociétales.
Même dynamique du côté de l’alliance CIVIS. Son secrétaire général, Stefan Lang, considère cette rencontre comme une étape structurante dans l’édification d’un partenariat académique durable entre l’Afrique et l’Europe. L’objectif consiste à mutualiser les compétences, croiser les approches scientifiques et construire une vision partagée des problématiques globales, en valorisant la diversité culturelle et intellectuelle des institutions partenaires.
Le vice-président de l’université chargé de la recherche scientifique et de la coopération, Mustapha Lkhider, précise que les travaux s’articulent autour de plusieurs axes stratégiques majeurs : défis environnementaux, santé publique, digitalisation des systèmes et transformations sociales. Une majorité des participants provient d’universités européennes et africaines, aux côtés d’acteurs académiques nationaux impliqués dans le développement de projets collaboratifs.
Le programme scientifique privilégie des formats interactifs destinés à stimuler les synergies : séances plénières, panels thématiques, tables rondes interdisciplinaires, présentations de travaux de recherche, ainsi que des “Tandem Talks” réunissant des chercheurs africains et européens. Une galerie de posters accompagnée de sessions de présentation rapide permet également de valoriser des projets innovants et de faciliter les mises en relation entre équipes scientifiques.
Cette première édition est marquée par la signature de la Charte africaine de la recherche, un cadre structurant destiné à renforcer l’intégration du continent dans la production mondiale de connaissances scientifiques. Ce texte engage les institutions partenaires dans une dynamique de co-création et de collaboration durable, plaçant l’enseignement supérieur et la recherche au cœur des solutions destinées à répondre aux défis sociétaux communs.
À travers cette initiative, Casablanca s’affirme comme un pôle académique stratégique reliant les écosystèmes universitaires africains et européens, dans un contexte où la diplomatie scientifique devient un levier majeur d’influence et de développement partagé.


