Du 20 au 23 mai 2026, Casablanca accueillera la 4e édition des Journées Pétrole, un rendez-vous panafricain consacré aux enjeux stratégiques des hydrocarbures en Afrique. Organisé par 3M-Partners & Conseils, l’événement réunira décideurs publics, investisseurs, institutions financières, opérateurs énergétiques et experts autour d’un sujet devenu déterminant pour l’avenir du secteur : l’attractivité des projets pétroliers et gaziers africains.
Prévue au Royal Hideaway de Casablanca, cette édition intervient dans un contexte marqué par une compétition accrue entre bassins pétroliers, une sélection plus rigoureuse des investissements internationaux et une pression croissante sur les États producteurs pour offrir des cadres stables, transparents et rentables.
Selon les données du rapport The State of African Energy 2026 de la Chambre Africaine de l’Énergie, l’Afrique devrait atteindre 11,4 millions de barils équivalent pétrole par jour en 2026, puis 13,6 millions à l’horizon 2030. Pourtant, le continent continue de capter une part limitée des investissements mondiaux dans l’exploration et la production. Une réalité qui pousse désormais plusieurs pays africains à revoir leur stratégie d’attractivité.
L’attractivité devient le nouveau terrain de compétition
Pendant des années, les ressources naturelles ont constitué le principal argument des États producteurs pour attirer les capitaux. Cette logique montre aujourd’hui ses limites. Les investisseurs accordent désormais autant d’importance à la stabilité institutionnelle, à la sécurité juridique, à la lisibilité fiscale ou encore à la qualité des infrastructures qu’au potentiel géologique lui-même.
C’est cette évolution que les Journées Pétrole 2026 veulent placer au centre des échanges à travers le thème : « Construire l’attractivité : stratégies et conditions pour le développement des hydrocarbures africains ».
Pour Gacyen Mouely, associé gérant de 3M-Partners & Conseils, le débat africain doit désormais dépasser la seule question contractuelle.
« Les précédentes éditions ont largement porté sur la négociation, le suivi et le contrôle des contrats pétroliers. Aujourd’hui, la question se pose plus en amont : comment rendre un pays crédible et attractif avant même la signature d’un contrat ? », explique-t-il.
Cette orientation marque un changement de perspective. Le sujet n’est plus uniquement la gestion des ressources, mais la capacité des États à construire un environnement rassurant pour les investisseurs tout en préservant leurs intérêts stratégiques.
Six axes pour structurer les débats
Le programme de cette 4e édition s’articulera autour de six grands thèmes : les réformes et la gouvernance, la digitalisation des données, l’attractivité fiscale, le contenu local, la valorisation du gaz naturel et la place des hydrocarbures dans la transition énergétique.
À travers ces discussions, les organisateurs souhaitent faire dialoguer des acteurs qui se rencontrent rarement dans un même cadre : administrations publiques, sociétés nationales d’hydrocarbures, institutions financières, régulateurs, experts techniques et partenaires internationaux.
L’objectif affiché est d’ouvrir un échange concret sur les conditions capables de sécuriser les investissements et d’améliorer la compétitivité des projets africains dans un marché énergétique devenu particulièrement exigeant.
Des partenaires internationaux aux profils stratégiques
La présence de plusieurs partenaires internationaux de référence donne une dimension particulière à cette édition.
S&P Global apportera son expertise sur l’environnement des activités upstream et downstream en Afrique ainsi que sur les perspectives liées au gaz naturel.
La Chambre Arbitrale Internationale de Paris abordera les questions liées aux contentieux entre États et opérateurs pétroliers, un sujet sensible dans plusieurs juridictions africaines confrontées à des renégociations contractuelles.
De son côté, Africa Finance Corporation présentera sa lecture des critères de financement des projets énergétiques et des mécanismes fiscaux appliqués au secteur des hydrocarbures.
Le choix de ces intervenants traduit une volonté de traiter l’attractivité sous plusieurs angles : financier, juridique, institutionnel et opérationnel.
Pourquoi Casablanca s’impose comme ville hôte
Le choix du Maroc pour accueillir cet événement n’est pas anodin. Casablanca apparaît aujourd’hui comme un exemple régional de construction progressive de l’attractivité économique sans dépendance directe à une importante rente pétrolière.
Le Royaume a développé, au fil des années, un environnement jugé favorable aux investissements grâce à sa stabilité politique, ses infrastructures logistiques et portuaires, son cadre réglementaire et ses ambitions énergétiques régionales.
Le projet de gazoduc Afrique-Atlantique Maroc-Nigéria, l’essor de Tanger Med et la montée en puissance des énergies renouvelables ont renforcé cette image de plateforme stratégique entre l’Afrique, l’Europe et l’Atlantique.
Pour les organisateurs, Casablanca offre ainsi un terrain cohérent pour discuter de la manière dont un État peut bâtir sa crédibilité économique et institutionnelle avant même de disposer d’importantes ressources pétrolières exploitées.
Une initiative africaine qui gagne en influence
Lancée en 2023 par 3M-Partners & Conseils, l’initiative des Journées Pétrole s’est progressivement installée dans l’agenda énergétique africain.
Le cabinet, basé à Libreville, revendique plus de 1 800 missions réalisées sur le continent depuis 2009, notamment dans les audits de coûts pétroliers, la négociation contractuelle et le renforcement des capacités des administrations publiques.
Depuis sa création, l’événement a réuni près de 300 hauts cadres issus d’une douzaine de pays africains. Chaque édition a traité d’un angle spécifique lié aux contrats pétroliers : contrôle des coûts en 2023, impacts économiques en 2024, négociation et suivi en 2025.
L’édition 2026 marque une évolution du débat. La réflexion se déplace désormais vers les conditions politiques, réglementaires et économiques qui rendent les investissements possibles.
Un enjeu stratégique pour les économies africaines
Pour de nombreux pays africains, les hydrocarbures demeurent une source essentielle de financement, de souveraineté énergétique et d’industrialisation. Mais la concurrence mondiale oblige désormais les États producteurs à revoir leurs approches.
Fiscalité, sécurité juridique, gouvernance, infrastructures, contenu local, gestion des différends et transition énergétique deviennent des éléments déterminants dans les décisions des investisseurs.
À Casablanca, les discussions devraient ainsi dépasser le cadre technique pour poser une question plus large : comment transformer le potentiel énergétique africain en investissements durables capables de soutenir le développement économique du continent sur le long terme ?

