Poumon économique et culturel de Casablanca, le Maârif s’engage dans une nouvelle étape de son développement urbain. Le plan d’aménagement récemment révisé, héritier de celui adopté en 2014, conserve ses grandes lignes tout en introduisant des ajustements ciblés. Ces évolutions redéfinissent la vocation de plusieurs secteurs stratégiques, entre volonté de préserver le caractère résidentiel, encadrement de la densification et mise en valeur du patrimoine bâti.
Au centre du quartier, les immeubles de cinq étages (R+5) garderont leur vocation première de logements, avec la possibilité d’accueillir commerces, bureaux et même établissements hôteliers en rez-de-chaussée. Le quartier Palmier, voisin, conserve pour sa part son statut résidentiel mixte en R+4. Plus au nord, du côté de l’extension Maârif, le zonage en villas le long du boulevard Ibn Sina est maintenu, tandis que les autres secteurs demeurent destinés à l’habitat collectif en R+5. Quant au quartier Polo, un site stratégique proche de l’autoroute urbaine, il bénéficie d’un cadre d’aménagement spécifique.
Les points de bascule dans le nouveau plan
L’un des changements majeurs concerne l’ancien marché de Derb Ghallef. Initialement destiné à devenir une zone d’immeubles de six étages, ce périmètre sera finalement transformé en équipement public, dont la nature exacte reste à définir. Cette décision marque une inflexion importante, puisque la zone voisine du boulevard Anoual est désormais intégrée dans ce périmètre à vocation renouvelée.
Autre évolution notable : le secteur situé entre la rue Laârbi Doghmi et le boulevard Ghandi bascule d’une zone de villas vers un urbanisme vertical en R+3. Sur le boulevard Abdelmoumen, la mixité fonctionnelle est affirmée avec des immeubles qui devront respecter les contraintes propres à cet axe structurant. De même, sur les boulevards Zerktouni et Brahim Roudani, de nouveaux projets immobiliers, pouvant atteindre jusqu’à douze niveaux (R+12), sont envisagés, renforçant le rôle de carrefour urbain du secteur.
Le grand chantier de Derb Ghallef
Parallèlement, un programme ambitieux de rénovation urbaine est annoncé pour Derb Ghallef. Délimité entre la rue Soumaya et la rue Leonardo da Vinci, ce périmètre fera l’objet d’un projet piloté par la commune et suivi par une commission préfectorale. L’objectif est d’améliorer la qualité de vie des habitants, introduire de nouveaux équipements , repenser les espaces verts et inscrire cette zone dans la continuité des futurs aménagements du quartier des Hôpitaux.
Le projet prévoit également la réhabilitation du bâti existant afin de valoriser le patrimoine architectural et urbain. Les orientations incluent la création de bâtiments publics, de surfaces commerciales adaptées et d’espaces dédiés aux services. À travers ce chantier, Casablanca cherche à conjuguer modernisation et sauvegarde de son tissu urbain.
Des règles architecturales strictes
Le nouveau document d’aménagement insiste sur la cohérence esthétique des façades. Les nouvelles constructions devront privilégier des tons clairs, tels que le blanc ou le crème, et utiliser des matériaux nobles comme la pierre ou le marbre, sans excéder 25 % de surface décorative. Les antennes paraboliques visibles depuis la rue sont interdites, tout comme les installations individuelles anarchiques. Pour les immeubles collectifs, une seule antenne par bâtiment est autorisée.
Afin de préserver la mémoire urbaine, une liste de bâtiments à valeur patrimoniale a été dressée. Toute construction voisine devra s’y harmoniser, sans pour autant les imiter. La hauteur des nouveaux immeubles sera déterminée selon leur contexte immédiat : un bâtiment en R+4, par exemple, pourra s’intercaler entre un immeuble R+3 et un R+5 pour assurer la continuité visuelle du paysage urbain.
Vers un urbanisme durable
La dimension environnementale n’est pas en reste. Le plan encourage le recours aux énergies renouvelables, à la ventilation naturelle et à l’intégration d’apports solaires dans les constructions. Les projets respectant ces critères bénéficieront d’avantages dans le processus d’autorisation. À l’inverse, les activités présentant des risques sécuritaires ou générant des nuisances sonores, olfactives ou polluantes ne pourront être implantées qu’après validation d’une étude environnementale.
En somme, le Maârif entre dans une étape charnière où densification maîtrisée, préservation patrimoniale et durabilité environnementale dessinent les contours d’un quartier appelé à rester l’un des poumons vivants de Casablanca.

