Un vent de transformation souffle sur le Grand Casablanca. La Banque mondiale vient de débloquer un financement de 350 millions de dollars pour soutenir un projet d’envergure destiné à refaçonner la mobilité ferroviaire de la métropole marocaine. Cette initiative, officialisée le lundi 9 juin, marque une étape cruciale pour répondre aux défis posés par une urbanisation galopante et une pression croissante sur les infrastructures de transport.
Le cœur de ce projet repose sur la mise en œuvre du programme « Service intra-métropolitain rapproché » (SIR), conçu pour moderniser et électrifier un réseau de 73 kilomètres reliant le centre de Casablanca aux communes périphériques comme Zenata, Mohammedia, Nouaceur et Bouskoura. Ce réseau réinventé permettra à terme à plus de 560 000 habitants d’accéder à leurs lieux de travail ou à des services essentiels en moins de 45 minutes. Ce n’est pas qu’un simple chantier ferroviaire, mais une réponse concrète aux enjeux de congestion, de pollution et d’accessibilité qui étouffent peu à peu les grandes agglomérations.
La région de Casablanca-Settat, pilier économique du Maroc, fait déjà face à des déplacements laborieux, notamment dans les zones périurbaines où les temps de trajet s’allongent et freinent la dynamique d’inclusion. À cela s’ajoute une croissance urbaine soutenue, avec une population urbaine estimée à 70 % à l’horizon 2050. Ce contexte exige des réponses ambitieuses et intégrées, que ce projet entend bien incarner.
Concrètement, les travaux porteront sur la signalisation, l’alimentation électrique, mais aussi sur la résilience face au changement climatique, pour un système ferroviaire à la fois robuste et respectueux de l’environnement. Quinze gares multimodales verront le jour ou seront modernisées, facilitant ainsi les correspondances avec d’autres moyens de transport, et intégrant des normes d’accessibilité universelle.
Mais l’impact ne se limite pas aux passagers. Le port de Casablanca, élément clé de la logistique nationale, bénéficiera aussi de ce renforcement avec une meilleure fluidité du fret. Des infrastructures logistiques, notamment à Aïn Sebaâ, ainsi que la connexion à la future zone logistique de Zenata, viendront appuyer cette ambition.
Selon Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, ce projet traduit un engagement fort en faveur d’un développement urbain durable. Il souligne que ce soutien contribuera également à renforcer la gouvernance de l’ONCF, l’amenant à évoluer vers un modèle davantage orienté service client et capable de piloter sa transformation vers une société plus agile et performante.
Le Maroc ne part pas de zéro. Déjà en 2020, la Banque mondiale avait alloué 150 millions de dollars pour améliorer la mobilité urbaine. Ce nouveau financement s’inscrit dans cette continuité, mais avec une envergure plus marquée et une vision de long terme. Une vision qui place le transport public, et en particulier le rail, au centre de la transition urbaine et écologique du Royaume.
Avec la réalisation de ce projet, Casablanca est en passe de devenir un modèle régional de mobilité durable, conciliant performance, inclusion et respect de l’environnement. Un enjeu majeur pour les années à venir.

