Autour d’une table où science et conscience se rencontrent, des médecins internes et des experts hospitaliers de premier plan ont engagé une réflexion profonde sur la réalité du don d’organes et de la transplantation au Maroc. Cette rencontre, organisée par l’Association des Médecins Internes de l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé (AMIUM6), visait à décortiquer les freins complexes qui entravent encore le développement de cette chaîne vitale de solidarité.
L’événement, placé sous les mots d’ouverture du Pr. Hicham Benyoussef, doyen de la Faculté Mohammed VI de Médecine, et des Dr. Hind Benyahia et Zineb Mekouar de l’AMIUM6, a réuni un plateau d’exception. Des figures clés du système de santé marocain, comme le Pr. Khalid Sair et le Pr. Ghassane Al Adib de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, ou encore le Pr. Chafik El Kettani de l’Hôpital Universitaire International Mohammed VI de Bouskoura, ont partagé leur analyse.
Les discussions se sont articulées autour d’une question centrale : quels sont les déterminants médicaux, législatifs, culturels et éthiques qui limitent aujourd’hui l’essor des greffes au royaume ? Des spécialistes de divers horizons – de la néphrologie avec le Pr. Benyounes Ramdani à la chirurgie hépatique avec le Pr. Amine Benkabbou, en passant par l’urologie et l’immunologie – ont apporté leurs éclairages. La présence du Pr. Brahim Lekhehal, président du Conseil Consultatif de Transplantation d’Organes et de Tissus Humains, a souligné l’importance du cadre réglementaire et des politiques publiques sur ce sujet sensible.
Au-delà des aspects techniques, le débat a laissé une large place à l’humain. Un moment de témoignage est venu rappeler la dimension profondément personnelle et le courage derrière chaque geste de don, qu’il soit de son vivant ou post-mortem. Ces échanges, modérés par des internes, ont permis d’aborder sans détour les réticences ancrées, les défis de la coordination hospitalière et la nécessité d’une sensibilisation plus large de la population.
Cette soirée a ainsi incarné un dialogue nécessaire entre les nouvelles générations médicales et les autorités du secteur. Elle a mis en lumière le besoin d’une approche multidisciplinaire, alliant progrès chirurgical, cadre légal adapté et éducation citoyenne, pour faire progresser la culture du don et sauver davantage de vies. Le chemin reste long, mais de telles initiatives prouvent que la conversation est engagée, portée par une volonté collective de faire avancer cet enjeu de santé publique majeur.

