La région Casablanca-Settat s’apprête à tourner une page décisive dans la gestion de ses équipements sportifs avec la création de CasaRégionSport, une nouvelle structure appelée à reprendre l’ensemble des missions jusque-là assurées par divers opérateurs publics. Ce changement, qui sera soumis au vote des élus lors d’une session extraordinaire du conseil communal, marque une volonté claire des autorités locales d’unifier la gouvernance des infrastructures et d’adopter un fonctionnement plus professionnel, dans la perspective de la CAN 2025 et de la Coupe du monde 2030 coorganisée par le Maroc.
L’impulsion vient du wali de la région, Mohamed Mhidia, qui souhaite mettre fin à un modèle de gestion éclaté, partagé notamment entre Sonarges et Casa Events & Animation. Avec cette nouvelle société, la région veut installer une organisation centralisée capable d’assurer des missions élargies : exploitation, entretien, modernisation, innovation opérationnelle et optimisation des performances financières. L’objectif affiché est de doter Casablanca d’un outil capable de hisser ses équipements au niveau des standards internationaux, face à l’envergure des événements que la métropole accueillera dans les prochaines années.
CasaRégionSport aura pour vocation de gérer l’ensemble des installations sportives relevant des collectivités territoriales. Ses prérogatives couvriront la location et l’exploitation des salles, la programmation et l’accueil d’événements sportifs, culturels ou de divertissement, mais aussi la gestion des activités commerciales associées, notamment le marketing, la publicité et le sponsoring. Elle prendra également en charge la billetterie, les contrôles d’accès, ainsi que la gestion des accréditations, un volet essentiel pour des compétitions internationales. Le futur dispositif repose également sur la capacité de conclure des partenariats avec les fédérations, les clubs et les opérateurs économiques, afin de faire évoluer la gestion des infrastructures vers une logique de rentabilité assumée.
Pour soutenir cette nouvelle architecture, les autorités ont arrêté un capital de 20 millions de dirhams, répartis en 200.000 actions de 100 dirhams chacune. La structure actionnariale reflète une vision partagée et un engagement collectif : l’État, via le ministère de l’Économie et des Finances, prendra 50 % du capital, soit 10 millions de dirhams ; la Région Casablanca-Settat apportera 4,5 millions ; la Fédération royale marocaine de football (FRMF) injectera 3,5 millions ; et la Commune de Casablanca complétera le tour de table avec 2 millions. Cette configuration illustre une volonté commune d’ancrer la gouvernance des équipements sportifs dans un cadre coordonné, associant l’État, le territoire, le monde sportif et la ville.
Le pilotage de CasaRégionSport sera assuré par un conseil d’administration présidé par le wali. Y siégeront des représentants du ministère de l’Économie et des Finances, de la Région Casablanca-Settat et de la Commune de Casablanca. Cette composition, resserrée et institutionnelle, vise à garantir cohérence et continuité dans la gestion, tout en limitant les chevauchements de compétences qui ont souvent freiné les projets d’aménagement sportif dans la métropole.
La création de CasaRégionSport sera soumise au vote du conseil de la ville après une correspondance adressée par le wali à la présidente du Conseil communal, Nabila Rmili. Ce passage devant les élus représente la dernière étape avant la mise en place opérationnelle de la nouvelle société, appelée à remplacer progressivement Casa Events & Animation et Sonarges dans la gestion quotidienne des stades, salles et équipements en cours de rénovation ou de modernisation.
Cette réforme intervient alors que Casablanca multiplie les chantiers destinés à accueillir des compétitions internationales et à offrir aux sportifs comme aux spectateurs des infrastructures à la hauteur des ambitions du pays. L’enjeu dépasse la simple réorganisation administrative : il s’agit d’installer un modèle capable de soutenir la dynamique sportive nationale, de professionnaliser les pratiques et de rendre les installations plus performantes, mieux valorisées et réellement attractives.
En consolidant la gouvernance autour d’un opérateur unique et doté de prérogatives élargies, les autorités régionales entendent poser les bases d’un système plus lisible, plus réactif et davantage aligné sur les standards internationaux. Un pas important pour une métropole qui s’apprête à accueillir des événements de portée mondiale et qui doit, plus que jamais, disposer d’infrastructures gérées avec rigueur et efficacité.

