À l’approche du 8 mars, la parution de Celle qui décide VS celle qu’on montre remet au centre du débat une question rarement posée frontalement : la publicité marocaine reflète-t-elle réellement la place qu’occupent les femmes dans la société ?
Signé par Reda Essakalli, docteur en sciences de gestion et professionnel aguerri des métiers de la communication, l’ouvrage s’intéresse à l’écart persistant entre la femme qui décide dans la sphère économique et sociale, et celle qui apparaît dans les campagnes publicitaires. Une dissociation qui, selon l’auteur, mérite d’être analysée au-delà des slogans et des intentions affichées.
Le livre part d’un constat tangible : dans la réalité marocaine contemporaine, les femmes jouent un rôle déterminant dans les choix de consommation, dans la gestion des foyers et dans la dynamique économique. Pourtant, les récits de marque continuent parfois de reproduire des représentations partielles, voire stéréotypées, qui ne traduisent pas pleinement cette évolution.
À travers une approche mêlant analyse académique et observation du terrain, Reda Essakalli examine les ressorts qui façonnent ces images : études de marché, arbitrages stratégiques, poids des habitudes culturelles, influence des institutions et, plus récemment, impact des outils d’intelligence artificielle dans la production des contenus visuels.
L’essai ne se veut ni pamphlet ni manifeste. Il propose une lecture critique et structurée du rôle de la publicité dans la construction des imaginaires collectifs. Car si la communication commerciale vend des produits, elle participe aussi à définir des normes et des représentations.
Dans un contexte où la société marocaine connaît des mutations profondes, Celle qui décide VS celle qu’on montre ouvre un espace de réflexion sur la responsabilité des marques et des créateurs de contenus. À l’heure où l’on célèbre les droits des femmes, l’ouvrage pose une question essentielle : les images que nous diffusons sont-elles à la hauteur de la réalité qu’elles prétendent représenter ?

