Après avoir captivé aussi bien la presse marocaine que plusieurs médias espagnols, Chaimaa El Graini, connue en ligne sous le surnom « Chaimaa Ostoura » et suivie par plus de quatre millions d’abonnés entre TikTok et Instagram, a fait son retour au Maroc après une année passée en Espagne.
Sa trajectoire avait embrasé les réseaux lorsqu’une vidéo montrant sa traversée à la nage vers Sebta était devenue virale, propulsant son nom au-delà des frontières.
Une visibilité fulgurante, un récit repris de part et d’autre de la Méditerranée
Le visage de la jeune femme, souvent salué pour sa prestance et sa beauté naturelle, avait été abondamment relayé par les médias ibériques et marocains, intrigués par cette harraga devenue personnage public en quelques jours. À Barcelone, où elle a tenté de s’installer sans papiers, son quotidien a cependant été bien loin des images romancées qui circulaient en ligne.
@chaimae_ostoura♬ son original – fullsong
Chaimaa raconte aujourd’hui un parcours marqué par la précarité, les obstacles administratifs et le poids d’une vie où rien n’est stable. « Sans papiers, tout devient un combat », confie-t-elle, évoquant les difficultés à trouver un emploi durable ou même à s’assurer un logement digne.
Un retour mûrement réfléchi pour retrouver les siens
Dans un entretien accordé à Lalla Moulati, la jeune femme explique avoir volontairement fait demi-tour, animée par le besoin de retrouver sa famille et de reprendre le contrôle de sa vie. Elle s’est elle-même présentée aux autorités à la frontière de Sebta avant de suivre les procédures légales de retour au pays.
« J’étais à un moment où je ne pouvais ni avancer ni continuer comme ça. Ma famille me manquait et j’avais besoin de revenir », dit-elle, soulagée de renouer avec un environnement stable et affectif.
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Une parole responsable pour dissuader la prise de risques
Consciente de l’impact de ses vidéos virales, Chaimaa insiste aujourd’hui sur l’importance de ne pas interpréter son geste comme un modèle. Elle rappelle que la mer est imprévisible et que beaucoup mettent leur vie en danger en tentant une traversée clandestine.
« La mer ne pardonne pas. Je ne veux pas que quelqu’un reproduise ce que j’ai fait en croyant que c’est une réussite », affirme-t-elle, soucieuse de protéger les jeunes qui la suivent en masse sur TikTok.
“Ostoura”, mais lucide : un nouveau chapitre commence
De retour au Maroc, Chaimaa El Graini souhaite désormais refermer cette parenthèse éprouvante et se reconstruire près des siens. Toujours suivie par une large communauté en ligne, elle espère utiliser cette visibilité pour partager un discours plus éclairé, loin des clichés et des illusions qui entourent souvent l’immigration clandestine.
À travers son témoignage, la jeune femme rappelle une vérité essentielle : derrière le surnom de « Chaimaa Ostoura » et le flot de vidéos virales, il y a surtout une jeune Marocaine qui revient à la maison pour se préserver, se relever et se réinventer.

