Les chiffres sont tombés, en 2024, les salles obscures marocaines ont retrouvé des couleurs. Dans son dernier rapport annuel, le Centre cinématographique marocain (CCM) dresse le tableau d’un secteur en pleine reprise, porté par une fréquentation en hausse, des recettes record et un dynamisme renforcé de la production locale.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 2,18 millions de spectateurs se sont pressés dans les salles en 2024, générant plus de 127 millions de dirhams de recettes. Un bond significatif par rapport à l’année précédente. Le CCM, garant du suivi, de la régulation et du soutien à la filière, a accompagné cette dynamique avec une présence active à tous les maillons de la chaîne : de l’attribution des visas d’exploitation à la délivrance des cartes professionnelles.
Des productions marocaines en haut de l’affiche
Le cinéma national a su tirer son épingle du jeu. Sur les 127 millions de recettes globales, près de 60 millions proviennent de films marocains. Ana Machi Ana, Za3zou3, Triple A, ou encore Qalb 6/9 ont trouvé un large écho auprès du public. Plus qu’un engouement passager, ces succès confirment la montée en puissance d’un storytelling marocain, entre enracinement local et universalité des émotions.
Sur le terrain de l’exploitation, les complexes cinématographiques de nouvelle génération tiennent le haut du pavé. Mégarama, avec ses six implantations, capte plus de la moitié du marché national, suivi par Pathé et CinéAtlas. Cette concentration interroge, mais elle illustre aussi les nouvelles habitudes de consommation culturelle : confort, accessibilité, expérience augmentée. Le CCM, conscient des enjeux, poursuit son travail de maillage territorial pour que le cinéma ne se limite pas aux grandes villes.
Le Maroc, décor de cinéma international
Le charme du Royaume continue d’opérer à l’international. Le CCM a validé 48 tournages étrangers en 2024, représentant un investissement global de plus de 1,2 milliard de dirhams. Séries, blockbusters, documentaires… le Maroc fascine par sa diversité de décors et son savoir-faire technique. L’institution veille à encadrer ces tournages tout en garantissant une retombée économique et artistique pour les talents locaux.
Un moteur d’avenir pour la création
Du soutien à la production nationale (plus de 34 millions de dirhams consacrés aux festivals et événements) à l’export de films marocains dans 131 festivals internationaux, le CCM joue un rôle fondamental de catalyseur. 42 prix ont été remportés à l’étranger, preuve que le cinéma marocain ne se contente plus d’exister : il rayonne.
Professionnalisation en marche
Avec 2 610 visas octroyés, 431 cartes professionnelles délivrées, et une gestion rigoureuse des contrats internationaux, le CCM consolide sa mission : structurer une industrie à la fois moderne, régulée et accessible. L’année 2024 marque un tournant, non pas ponctuel, mais structurel.
En toile de fond, le CCM ne se contente pas de compter les entrées, il dessine les contours d’un avenir cinématographique durable. Car si le cinéma est un art, sa survie est aussi une affaire d’institutions solides, de données tangibles et de visions à long terme.


