L’exécutif avance sur la refonte du Conseil national de la presse (CNP), un chantier présenté comme décisif pour renforcer l’autorité et l’efficacité de l’institution chargée d’encadrer la profession. Devant la Chambre des représentants, Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a expliqué que le projet de loi en cours de finalisation vise principalement à élargir les prérogatives du Conseil et à consolider ses bases juridiques, afin qu’il puisse assumer son rôle sans dépendance ni ambiguïté.
Le ministre a mis en avant un point inédit introduit par le texte : la création d’une Commission de supervision des élections, dotée d’un pouvoir clair pour trancher toutes les questions liées aux scrutins au sein du CNP et aux processus de désignation. Cette instance, appelée à devenir un maillon essentiel de la gouvernance interne, doit permettre d’éviter les blocages observés lors des précédentes échéances et de garantir une conduite transparente et incontestée des futures opérations électorales.
Mohamed Mehdi Bensaid a rappelé que la phase actuelle porte sur la finalisation du circuit de validation du projet de loi. Une fois ce cap franchi, le calendrier conduira naturellement à la mise en route des élections du Conseil, avec un principe intangible : seuls les professionnels de la presse choisiront leurs représentants. Le ministre insiste sur ce point, qu’il considère comme un garde-fou essentiel pour préserver l’indépendance de l’organe de régulation.
En parallèle, il souligne que la mission du gouvernement se limite à offrir un cadre juridique robuste, capable de donner au CNP les moyens de son action. L’objectif, selon lui, est de consolider les fondations d’un système où l’institution dispose d’une autonomie réelle, qu’il s’agisse de statuer sur les pratiques professionnelles ou de se prononcer sur les litiges qui concernent le secteur. Le texte prévoit d’ailleurs d’ouvrir à toute partie le droit de contester une décision prise par le Conseil, ce qui introduit une forme de garantie procédurale supplémentaire et renforce la dimension démocratique de son fonctionnement.
Cette réforme, attendue depuis plusieurs mois, s’inscrit dans un contexte où les acteurs du secteur réclament une gouvernance plus claire, des règles stabilisées et un cadre professionnel mieux défendu. Le gouvernement, de son côté, cherche à consolider les institutions du paysage médiatique et à accompagner l’évolution d’un métier confronté à des bouleversements technologiques, économiques et sociaux. Le projet de loi, désormais en phase finale de validation, devrait ouvrir une nouvelle étape pour la régulation du champ médiatique et la crédibilité de ses instances.

