Le déficit commercial du Maroc s’est accentué de 17,7 % à fin septembre 2025, atteignant 259,1 milliards de dirhams contre 220,1 milliards un an plus tôt, en raison d’une hausse des importations (+9,2 % à 605,4 milliards) plus marquée que celle des exportations (+3,6 % à 346,3 milliards), le taux de couverture reculant ainsi de 3,1 points, selon les dernières statistiques publiées par l’Office des Changes.
Une facture d’importation tirée par les biens d’équipement et de consommation
Les produits finis d’équipement ont enregistré une forte progression de 13,9 %, à 142,2 milliards de dirhams, portée par la montée des achats d’avions et de matériels aéronautiques (+3,2 milliards) et de machines de génie civil et de construction (+1,4 milliard). Les produits finis de consommation suivent la même tendance, en hausse de 13,1 %, stimulée par les voitures de tourisme (+38,3 %), les médicaments (+20,8 %) et les meubles et articles d’éclairage (+20,6 %).
Les demi-produits progressent de 7,1 %, dopés par les produits chimiques et les matières plastiques, tandis que les produits bruts bondissent de 35,2 % grâce aux soufres et huiles végétales. En revanche, la facture énergétique s’allège de 5,1 %, principalement en raison du recul des prix du gasoil et fuel-oil (-17,6 %), malgré une hausse des volumes importés (+8,5 %).
Des exportations tirées par les phosphates et les produits agricoles
Les exportations marocaines se sont établies à 346,3 milliards de dirhams, soit une hausse de 11,9 milliards sur un an. La performance est portée par le secteur des phosphates et dérivés, en hausse de 19,2 % à 74,6 milliards de dirhams, grâce aux engrais chimiques, aux phosphates bruts et à l’acide phosphorique.
L’agriculture et l’agroalimentaire progressent de 3,4 %, soutenus par les ventes du secteur primaire (+10,7 %), malgré un léger repli de l’industrie alimentaire (-2,4 %). L’aéronautique affiche une hausse modérée (+6,1 %), portée par les segments Assemblage et EWIS, alors que les secteurs du textile, de l’électronique et de l’automobile marquent le pas, accusant des baisses respectives de 4,1 %, 7,5 % et 2,7 %.
Les services maintiennent le cap avec un excédent en hausse
La balance des services affiche un excédent de 114,5 milliards de dirhams, en progression de 9,4 %. Les exportations de services ont bondi de 9,2 % pour atteindre 229,1 milliards, tirées par la vigueur du tourisme et des prestations de transport et d’ingénierie, tandis que les importations de services progressent de 9 %.
Dans le détail, la balance des voyages reste particulièrement dynamique : les recettes touristiques ont grimpé de 14,7 % à 100,0 milliards de dirhams, tandis que les dépenses ont augmenté de 9,5 %, portant le solde à 75,6 milliards, soit une amélioration de 16,4 %.
Les transferts MRE et les IDE confirment leur solidité
Les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) se sont établis à 92,7 milliards de dirhams, en légère hausse de 1,1 %, confirmant leur rôle essentiel dans l’équilibre des comptes extérieurs.
Les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc connaissent une envolée spectaculaire : 42,5 milliards de dirhams de recettes à fin septembre 2025, soit une progression de 39,5 %. Les dépenses IDE s’élèvent à 17,2 milliards, d’où un flux net de 25,3 milliards, en hausse de 58 %. En parallèle, les investissements marocains à l’étranger reculent, leurs recettes s’établissant à 10,9 milliards (-22,3 %) et leurs dépenses à 13,7 milliards (-9 %).
Une dynamique contrastée mais résiliente
Au total, les échanges extérieurs de biens et services atteignent 644,7 milliards d’importations pour 528,8 milliards d’exportations, creusant le déficit global à 116 milliards de dirhams. Malgré ce déséquilibre, la progression des services, la résilience du tourisme et la forte attractivité du Maroc pour les capitaux étrangers témoignent d’une économie toujours solide, en adaptation continue face aux tensions mondiales et aux fluctuations des prix des matières premières.

