Le déséquilibre commercial du Royaume continue de s’amplifier. Selon les données publiées par l’Office des changes, le déficit s’est établi à 225,92 milliards de dirhams à fin août 2025, en hausse de 15,5 % sur un an.
Cette aggravation résulte d’une progression plus rapide des importations (+8,4 %, à 533,42 MMDH) que des exportations (+3,8 %, à 307,49 MMDH). Conséquence directe : le taux de couverture a reculé à 57,6 %, rapporte lesEchos. Si la facture énergétique a reculé de 6,2 %, essentiellement grâce à la baisse des prix du gasoil et du fuel, d’autres postes d’importation se sont envolés. Les achats de produits finis de consommation ont bondi de 14,3 % pour atteindre 130,3 MMDH, tirés notamment par l’automobile de tourisme (+41,3 %) et les produits pharmaceutiques (+20,4 %).
Les équipements ont suivi la même tendance, progressant de 13 % à 124,74 MMDH, portés par l’aviation, le matériel de génie civil et les pièces détachées. Les demi-produits (+7,1 %) et les produits bruts (+31,5 %) ont également contribué à cette hausse, avec un recours accru aux importations de plastiques, de cuivre, de soufre et d’huiles végétales.
Exportations : l’automobile ralentit, les phosphates accélèrent
Côté exportations, l’automobile reste le premier secteur exportateur avec 98,7 MMDH, mais recule de 2,9 % en raison d’un fléchissement dans le segment de la construction. Les phosphates et dérivés prennent le relais avec une forte croissance (+21,1 % à 64,98 MMDH), portée par les ventes d’engrais et d’acide phosphorique. L’agriculture et l’agroalimentaire complètent le podium avec près de 60 MMDH (+3,8 %), suivis par le textile-cuir en baisse (-4,2 %), alors que l’aéronautique poursuit sa montée (+5,6 % à 18,37 MMDH). L’électronique, en revanche, marque le pas (-6,9 %).
Transferts, tourisme et IDE : des équilibres contrastés
Les envois de fonds des Marocains du monde se replient légèrement à 81,7 MMDH (-0,6 %), tandis que les recettes touristiques poursuivent leur envolée, atteignant 87,59 MMDH (+14,3 %), générant un excédent confortable de 66,13 MMDH. Les investissements directs étrangers confirment leur regain avec un flux net en forte progression (+47,6 %, à 22,95 MMDH). Les investissements marocains à l’étranger, eux, affichent une baisse, aussi bien dans les recettes issues des désinvestissements (-18,8 %) que dans les dépenses (-3,5 %).

