Le Maroc a enregistré un excédent commercial de 15,9 milliards de dirhams avec la France en 2024, selon les données publiées par l’Office des Changes. Ce solde positif, en hausse de 4 milliards de dirhams par rapport à 2023, consolide la tendance amorcée depuis 2017, faisant de la France le deuxième partenaire du Royaume tout en maintenant une balance favorable au Maroc.
Dans un contexte globalement contrasté, les échanges extérieurs du Maroc ont atteint une valeur de 761,3 milliards de dirhams à l’import, contre 456,3 milliards à l’export, aggravant le déficit commercial à -304,9 milliards de dirhams. Le taux de couverture se replie légèrement à 59,9 %, traduisant la persistance d’un déséquilibre structurel malgré la progression des ventes à l’étranger (+6,1 %).
Les relations commerciales avec l’Europe dominent toujours les flux globaux, totalisant 754,9 milliards de dirhams, dont 653,8 milliards avec l’Union européenne. Si l’excédent avec la France s’amplifie, le déficit vis-à-vis de l’Espagne reste important, à -18,2 milliards de dirhams. L’Allemagne enregistre un léger recul de son déficit avec le Maroc, qui s’établit à 16,4 milliards, en baisse de 585 millions.
L’Asie confirme sa position de principal foyer de déséquilibre. Le déficit avec la Chine explose à 86,3 milliards de dirhams, alimenté par une forte hausse des importations dans les secteurs de l’électronique, de la chimie et des biens d’équipement. Ce déséquilibre pèse lourdement sur la balance globale, au même titre que celui creusé avec les États-Unis, qui s’élève à 57 milliards de dirhams. Le Canada et le Brésil restent également déficitaires, bien que leurs soldes s’améliorent légèrement.
En Afrique, la balance reste excédentaire (+7,2 milliards), mais recule nettement, notamment en raison de la baisse des excédents avec la Côte d’Ivoire et Djibouti, ainsi que de l’aggravation du déficit avec l’Égypte. Le secteur des engrais, pilier des exportations africaines du Maroc, affiche un repli de près de 886 millions de dirhams.
L’Océanie constitue une rare zone de performance, avec un excédent record de 3,8 milliards de dirhams. Cette évolution s’explique par un doublement des exportations de phosphates vers cette région, qui atteignent 4,7 milliards en 2024.
Les accords de libre-échange participent activement à la dynamique des importations, qui culminent à 225,5 milliards de dirhams. L’UE concentre les deux tiers de ces flux, portée par l’Allemagne (17,9 milliards) et la France (+2,2 milliards). L’accord avec les États-Unis connaît également une forte croissance (+14,7 %), grâce aux importations d’aéronefs et de matériels spatiaux. Quant à l’accord avec la Turquie, il reprend sa tendance haussière, avec 2 milliards supplémentaires d’importations.
Malgré des niches exportatrices dynamiques, comme l’industrie aéronautique (+21,5 %, à 14 milliards), la structure du commerce extérieur reste vulnérable. Le taux de dépendance commerciale atteint 39,7 % du PIB et le taux de pénétration des importations progresse à 41,4 %, des indicateurs qui illustrent la difficulté persistante du Maroc à équilibrer ses échanges sur la durée.


