À Marrakech, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a appelé les commerçants marocains à accélérer leur adaptation face aux mutations profondes du secteur, marquées par la digitalisation et la transformation des réseaux de distribution. S’exprimant à l’ouverture du Forum national du commerce, il a insisté sur l’urgence de développer des solutions innovantes capables de préserver la compétitivité du commerce de proximité.
Le ministre a rappelé le rôle central du petit commerce dans la vie économique et sociale du pays. Présent dans tous les quartiers et villages, il assure un service quotidien essentiel, tout en maintenant un lien direct avec les citoyens. Cette proximité, a-t-il souligné, reste un atout majeur dans un contexte de mutation rapide des modes de consommation.
Mais cette transition vers le numérique se heurte à des contraintes bien concrètes. Si des outils adaptés au contexte marocain existent, leur adoption reste limitée. En cause, notamment, le coût du paiement électronique, jugé trop élevé pour les petits commerçants. Avec des marges bénéficiaires oscillant entre 4 et 6 % sur les produits de base, les frais liés à ces transactions peuvent absorber jusqu’aux trois quarts des gains. Une équation difficile à soutenir pour des structures déjà fragiles.
Pour lever ces freins, des discussions sont engagées avec plusieurs partenaires, dont Al Barid Bank. L’objectif est clair : réduire les coûts des solutions de paiement électronique, notamment pour les services à forte rotation comme la recharge téléphonique, afin de les rendre réellement accessibles et attractives.
En parallèle, le chantier de modernisation des infrastructures commerciales se poursuit. Le Royaume compte près de 1.200 marchés, dont 289, en particulier en milieu rural, font actuellement l’objet d’un programme de mise à niveau. Cette première phase vise à améliorer les conditions d’exercice du commerce avant une généralisation progressive à l’échelle nationale.
Du côté du ministère de l’Intérieur, la structuration du secteur figure également parmi les priorités. Mohamed Amine Souissi a mis en avant la complexité liée à la diversité des activités commerciales, artisanales et industrielles, qui varient selon les territoires. Cette réalité rend nécessaire un cadre réglementaire plus lisible.
Dans cette optique, un guide de référence dédié aux activités non réglementées est en cours de déploiement. Élaboré en concertation avec plusieurs départements et nourri par des expertises internationales, il introduit une classification claire : activités soumises à simple déclaration, celles nécessitant un cahier des charges, et celles exigeant une autorisation préalable. Des phases pilotes ont déjà été lancées, notamment pour l’ouverture et l’exploitation des cafés, avec l’ambition d’étendre ce dispositif à d’autres secteurs.
Ces réformes cherchent à concilier simplification administrative et respect des exigences liées à la sécurité, à la santé publique et à l’ordre public. Elles visent aussi à doter les collectivités territoriales d’outils juridiques plus précis pour encadrer efficacement les activités économiques.
Organisé sous le Haut Patronage de Mohammed VI, le Forum national du commerce, placé sous le thème « Commerce du Maroc 2030 », s’impose comme un moment d’échange entre acteurs publics et privés. L’ambition affichée est de préparer le secteur aux transformations à venir, tout en renforçant son rôle dans le développement des territoires et la dynamique d’une croissance plus inclusive.

