Alors que le conflit entre Israël et l’Iran entre dans sa deuxième semaine avec une intensité inédite, Donald Trump entretient le suspense. Le président américain a annoncé qu’il trancherait “au cours des deux prochaines semaines” sur une éventuelle participation des États-Unis aux frappes israéliennes. Une prise de position stratégique, à l’heure où des négociations secrètes avec Téhéran semblent en gestation.
Depuis la salle de crise ultra-sécurisée de la Maison Blanche, la “Situation Room”, où il multiplie les réunions de haut niveau, trois en trois jours. Trump joue la montre, pesant les risques d’une escalade militaire contre les promesses d’une voie diplomatique. “Il existe une possibilité substantielle de discussions avec l’Iran dans un avenir proche”, a déclaré sa porte-parole Karoline Leavitt, citant le président. “C’est dans ce contexte que sa décision sera prise.”
La veille, Trump, fidèle à sa méthode imprévisible, avait jeté le trouble : “Je vais peut-être le faire, peut-être pas”, avait-il lancé à propos d’une intervention. Un flou volontaire, alors que les États-Unis auraient, selon lui, été approchés par les autorités iraniennes pour entamer des négociations sur leur programme nucléaire. Il est même allé jusqu’à affirmer que Téhéran aurait “suggéré de venir à la Maison Blanche” une affirmation immédiatement démentie par les responsables iraniens.
Mais en coulisses, les échanges se poursuivent. Interrogée sur de possibles contacts entre l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères, Karoline Leavitt a confirmé l’existence d’une “correspondance continue” entre Washington et Téhéran. Une diplomatie de l’ombre qui n’empêche pas la Maison Blanche de sonner l’alarme sur les capacités nucléaires iraniennes.
“Soyons très clairs : l’Iran dispose déjà de tout le nécessaire pour fabriquer une bombe”, a averti Leavitt. “S’il en recevait l’ordre de l’ayatollah Ali Khamenei, il ne leur faudrait pas plus de quinze jours pour achever la production.” Une déclaration lourde de conséquences, alors que la tension dans la région atteint un niveau rarement vu depuis des décennies.
Ce face-à-face direct entre Israël et l’Iran, après des années de guerre de l’ombre et de confrontations indirectes, place les États-Unis face à un dilemme historique. Engager la superpuissance américaine dans un nouveau conflit majeur ou miser sur une relance fragile de la diplomatie nucléaire.
Le compte à rebours est lancé.

