La coopération migratoire entre le Maroc et l’Espagne porte ses fruits. Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a salué une collaboration « exemplaire » avec Rabat, affirmant qu’elle a permis une baisse « très significative » des arrivées irrégulières sur le territoire espagnol. Selon les dernières données du ministère espagnol de l’Intérieur, ces flux ont reculé de 42,6 % en 2025, un recul principalement lié à la chute des traversées vers les îles Canaries.
Interrogé par CNN en marge du World Governments Summit organisé à Dubaï, le chef de l’Exécutif espagnol a insisté sur l’efficacité concrète de cette coordination bilatérale. Pour Madrid, la gestion des migrations ne se limite plus au contrôle des frontières : elle repose sur un travail continu avec les pays d’origine et de transit, au premier rang desquels figure le Maroc, devenu un partenaire central de la stratégie espagnole.
Depuis plusieurs années, les deux rives du détroit multiplient les mécanismes d’échange d’informations, les opérations conjointes de surveillance maritime et la coopération sécuritaire. Cette approche pragmatique, fondée sur l’anticipation des départs et le démantèlement des réseaux de passeurs, a contribué à réduire la pression sur les principales routes migratoires, notamment celle des Canaries, longtemps considérée comme l’une des plus sensibles.
Pedro Sánchez a également replacé la question migratoire dans un contexte économique plus large. D’après lui, l’attractivité de l’Espagne tient à la solidité de son économie et à sa capacité d’intégration. Près de 90 % des migrants entrent aujourd’hui par des voies régulières, via des dispositifs légaux de travail ou de regroupement familial. Une réalité qui nuance l’image souvent associée aux traversées clandestines.
Le dirigeant espagnol a souligné le rôle actif des travailleurs étrangers dans la dynamique économique du pays. Les migrants représentent environ 10 % des recettes de la Sécurité sociale espagnole, alors qu’ils ne pèsent qu’à hauteur de 1 % des dépenses totales. Une contribution nette qui alimente la croissance et soutient le système social, dans un pays confronté au vieillissement de sa population.
Ces chiffres confortent la ligne défendue par Madrid : coopération régionale, migration régulée et intégration économique. Pour l’Espagne comme pour le Maroc, la coordination migratoire s’impose désormais comme un levier diplomatique majeur, au croisement de la sécurité, du développement et de la stabilité en Méditerranée occidentale.


