La Coupe du monde 2026 débutera dans 100 jours, du 11 juin au 19 juillet, sur le territoire nord-américain, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. À moins de trois mois du coup d’envoi, les préparatifs suscitent autant d’excitation que d’inquiétudes, entre tensions géopolitiques, questions de sécurité, coût des billets et enjeux sportifs.
L’incertitude plane notamment sur la participation de l’Iran. Le pays est frappé par des frappes israélo-américaines ayant entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei, et la Fédération iranienne de football a évoqué un possible retrait du tournoi. L’Iran devait affronter la Nouvelle-Zélande, la Belgique et l’Égypte à Los Angeles et Seattle, ce dernier match étant considéré comme un symbole de soutien à la communauté LGBTQIA+. Mehdi Taj, président de la fédération, a précisé que la décision finale reviendrait aux autorités sportives du pays.
Aux États-Unis, co-organisateur majeur, la Coupe du monde est également marquée par des tensions internes. La politique de l’administration Trump sur le commerce, l’Ukraine et l’immigration a suscité manifestations et appels au boycott, tandis que des violences policières ont provoqué la mort de deux citoyens. Les restrictions de visa pour certains pays, dont quatre qualifiés pour le Mondial (Iran, Haïti, Sénégal et Côte d’Ivoire), inquiètent également les supporters, même si la Maison-Blanche assure que les détenteurs de billets bénéficieront d’un traitement accéléré.
Le Mexique, troisième pays hôte, est confronté à sa propre problématique de sécurité. La mort récente d’El Mencho, chef d’un puissant cartel de drogue, a provoqué une vague de violences à Guadalajara, ville qui accueillera quatre matchs du Mondial. La présidente Claudia Sheinbaum a toutefois garanti que la sécurité des supporters serait assurée, et une mission de la FIFA doit prochainement évaluer la situation.
Côté logistique, le coût de la compétition dépasse les premières estimations. Si la FIFA a mis en vente près de sept millions de billets, les prix varient de 60 dollars pour les plus abordables à 2.000 dollars pour la finale, jusqu’à 8.680 dollars pour les meilleures places. À cela s’ajoutent les dépenses liées au transport, à l’hébergement et à la restauration, qui pourraient représenter plus de 8 milliards de dollars pour les villes hôtes nord-américaines, selon Expedia Group.
Sur le plan sportif, l’édition 2026, la plus vaste de l’histoire avec 48 équipes, devrait offrir un spectacle inédit. Le tournoi débutera à l’Estadio Azteca de Mexico et se conclura au MetLife Stadium près de New York, avec 104 matchs sur 16 sites et quatre fuseaux horaires. La phase de groupes pourrait réduire les surprises, avec 12 groupes et la qualification des deux meilleurs de chaque groupe, plus les huit meilleurs troisièmes. Les champions en titre, l’Argentine, dirigée par Lionel Messi lors de son probable dernier Mondial à 39 ans, affronteront notamment la France, l’Espagne et l’Angleterre. Plusieurs équipes feront leurs débuts, comme le Cap-Vert, Curaçao, la Jordanie et l’Ouzbékistan.
Les barrages européens et intercontinentaux, prévus du 26 au 31 mars, détermineront les dernières nations qualifiées, ajoutant une dernière incertitude avant le lancement officiel du tournoi.
La Coupe du monde 2026 s’annonce donc comme un événement historique, mêlant records sportifs et enjeux géopolitiques, dans un contexte où la sécurité, le coût et la logistique restent au centre des préoccupations.


