Le gouvernement marocain a mobilisé des moyens financiers et organisationnels d’une ampleur inédite pour accélérer la mise en œuvre du chantier de la protection sociale. Selon le porte-parole de l’Exécutif, Mustapha Baitas, près de 53 milliards de dirhams ont été engagés depuis le lancement du programme de soutien social direct, tandis qu’environ 9,5 milliards de dirhams ont été consacrés au régime de l’Assurance maladie obligatoire (AMO Tadamon), destiné aux populations vulnérables.
Ce chantier structurant, conduit sous la haute impulsion du roi Mohammed VI, vise à généraliser l’accès à la couverture médicale et à renforcer la justice sociale. Dans ce cadre, près de 11 millions de citoyens auparavant bénéficiaires du régime Ramed ont été intégrés à AMO Tadamon, leur garantissant une couverture médicale équivalente dans un dispositif jugé plus pérenne. Parallèlement, la généralisation de la couverture s’est étendue aux travailleurs non salariés, dont environ 3,9 millions sont aujourd’hui affiliés, en plus de près de 418 000 bénéficiaires du régime AMO Chamil.
Pour accompagner cette montée en charge, la caisse nationale de sécurité sociale a fait l’objet d’une profonde restructuration. Près de 1 500 postes ont été créés, 47 nouvelles agences ouvertes, 45 agences mobiles déployées et plusieurs milliers de points de contact mis en place afin de rapprocher les services des citoyens et de réduire les délais de traitement.
Sur le plan sanitaire, les autorités ont renforcé l’offre de soins avec l’ajout de 3 168 lits hospitaliers entre 2022 et 2025. Vingt nouveaux hôpitaux sont actuellement en cours de construction et devraient permettre de disposer de plus de 3 000 lits supplémentaires, contribuant ainsi à améliorer la capacité d’accueil du système de santé national.
En parallèle, le programme de soutien social direct, lancé fin 2023, s’impose comme un pilier de l’État social. Les aides mensuelles varient entre 500 et 1 200 dirhams selon la composition des ménages. Un appui exceptionnel a également été instauré pour la rentrée scolaire, avec des montants de 200 dirhams pour le primaire et le collège, et de 300 dirhams pour le secondaire. Des mesures spécifiques concernent aussi les enfants en situation de handicap, les veuves, ainsi que les résidents des établissements de protection sociale, qui bénéficient désormais d’une allocation mensuelle directe.
Pour le gouvernement, cette architecture intégrée du soutien social traduit une volonté affirmée d’ancrer durablement la protection sociale au Maroc, à travers un suivi continu assuré par des commissions ministérielles chargées d’évaluer l’impact réel des réformes sur les conditions de vie des citoyens.

