La création d’entreprise en ligne poursuit sa montée en puissance au Maroc. Plus de 50.300 sociétés ont été constituées par voie électronique depuis le lancement de la plateforme “DirectEntreprise”, selon les derniers chiffres communiqués par l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC). Ce dispositif numérique, désormais déployé à l’échelle nationale, s’impose progressivement comme un levier central de simplification administrative et d’amélioration du climat des affaires.
Lancée en phase pilote en février 2023 à Rabat, la plateforme était initialement destinée aux professionnels habilités par la loi n°88.17 relative à la création et à l’accompagnement des entreprises par voie électronique. Deux ans plus tard, le système a été étendu à l’ensemble du territoire, avec une généralisation effective depuis mars 2025.
Accessible via DirectEntreprise, cette plateforme numérique regroupe en un seul espace les différentes formalités liées à la création d’entreprise au Maroc. Elle permet aux utilisateurs d’effectuer l’ensemble des démarches auprès des administrations concernées sans déplacement physique. Sont notamment connectés au dispositif l’OMPIC, les tribunaux de commerce relevant du ministère de la Justice, le Secrétariat général du gouvernement à travers l’Imprimerie officielle, la Direction générale des impôts (DGI) ainsi que la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
L’OMPIC souligne également une forte adhésion des professionnels du secteur. Plus de 3.200 utilisateurs spécialisés, parmi lesquels des notaires, avocats, experts-comptables et comptables agréés, se sont inscrits sur la plateforme afin d’accompagner leurs clients dans les procédures de création d’entreprise en ligne.
Le gain de temps figure parmi les principaux arguments avancés par les autorités. Le délai moyen de traitement des dossiers complets déposés électroniquement est actuellement estimé à trois jours. Dans certaines situations, la procédure peut même être finalisée en moins de 24 heures, une évolution notable par rapport aux circuits administratifs traditionnels.
Les indicateurs de 2026 confirment l’ancrage progressif du numérique dans les démarches entrepreneuriales. Les créations d’entreprises réalisées par voie électronique représentent désormais 44% du total des créations enregistrées au Maroc, tous formats confondus. Dans plusieurs villes, cette proportion dépasse les 70%, notamment à Fès, Dakhla, Errachidia, El Jadida, Safi, Benslimane, Sidi Bennour, Settat et Khénifra.
Cette dynamique traduit une adoption de plus en plus marquée des services numériques administratifs, particulièrement dans les régions où les acteurs économiques recherchent davantage de rapidité et de simplification. Les résultats d’une enquête de satisfaction menée auprès des utilisateurs viennent conforter cette tendance : 94% des répondants affirment que la plateforme offre une expérience fluide et positive.
Le projet est piloté par le ministère de l’Industrie et du Commerce à travers l’OMPIC, en coordination avec plusieurs institutions publiques, dont le ministère de la Justice, le ministère de l’Économie et des Finances, la DGI, l’Imprimerie officielle et la CNSS. À travers cette réforme, les autorités cherchent à accélérer la digitalisation des services publics liés à l’investissement et à renforcer l’attractivité du Maroc pour les porteurs de projets et les entrepreneurs.
Avec l’essor de la création d’entreprise en ligne, le Maroc poursuit ainsi sa stratégie de modernisation administrative, dans un contexte où la rapidité des procédures et l’accès simplifié aux services publics deviennent des critères déterminants pour l’environnement des affaires.

