L’annonce a pris tout le monde de court. C’est via une story publiée sur son compte Instagram que la nouvelle est tombée, provoquant une onde de choc immédiate parmi ses abonnés.
Chef Kimo, de son vrai nom Kamel Laâbi, est décédé à l’âge de 57 ans dans la nuit du mercredi au jeudi, des suites d’un arrêt cardiaque.
Le choc est d’autant plus violent que le chef était particulièrement actif ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Il y partageait encore des vidéos, mettait en avant son restaurant, échangeait avec sa communauté. Rien, dans ses dernières apparitions, ne laissait présager une disparition aussi soudaine. À l’écran, il semblait fidèle à lui-même : souriant, énergique, pleinement investi.
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Originaire de Fès, Kamel Laâbi s’était imposé au fil des années comme l’un des visages les plus reconnaissables de la cuisine marocaine sur Instagram et Facebook. Grâce à des formats courts, accessibles et pédagogiques, il avait su toucher un public large, bien au-delà des amateurs avertis. Ses recettes, ancrées dans le patrimoine culinaire national, mettaient en avant une cuisine du quotidien, généreuse et sans artifice.
Avant de conquérir les plateformes numériques, Chef Kimo avait fait ses armes dans la restauration. Une expérience de terrain qui nourrissait son discours, ses conseils et sa manière très concrète d’aborder la cuisine. Cette double casquette, professionnel des fourneaux et créateur de contenu, lui a permis de bâtir une relation de confiance avec des milliers d’abonnés.
Issu d’une famille profondément marquée par la culture et les arts, Kamel Laâbi portait également un héritage symbolique fort. Petit-fils de Haj Abdelkrim Raïs, grande figure de la musique arabo-andalouse marocaine et ancien directeur de l’Orchestre arabo-andalou de Fès, il baignait dans un environnement où la transmission et la mise en scène du savoir occupaient une place centrale. Une dimension que l’on retrouvait dans sa manière de raconter chaque plat.
Cette sensibilité artistique s’exprimait aussi à travers son entourage familial, notamment son frère Driss Laâbi, membre du groupe musical Frères Laâbi. Autant d’éléments qui éclairent son aisance naturelle face à la caméra et sa capacité à transformer une recette en moment de partage.
Apprécié pour sa simplicité, sa proximité et son ton bienveillant, Chef Kimo était perçu par beaucoup comme une présence familière, presque quotidienne. Plus qu’un influenceur culinaire, il incarnait une figure rassurante, attachée aux traditions et au plaisir de transmettre.
Depuis l’annonce de son décès, les messages d’hommage se multiplient sur les réseaux sociaux. Abonnés, professionnels de la restauration et anonymes saluent la mémoire d’un homme qui aura contribué, à sa manière, à faire rayonner la cuisine marocaine dans l’espace numérique.
Il y a deux ans, Chef Kimo avait d’ailleurs été invité dans les locaux de Maroc Hebdo pour une émission consacrée aux figures marquantes du web marocain, un moment d’échange fidèle à son image : simple, passionné et profondément humain.


