Figure emblématique du septième art américain, Robert Redford s’est éteint mardi matin à l’âge de 89 ans dans sa demeure de Sundance, nichée au cœur des montagnes de l’Utah, a annoncé son agente, Cindi Berger. Selon elle, l’acteur est parti « entouré de ses proches, dans l’intimité qu’il chérissait tant », tandis que sa famille demande le respect de sa vie privée.
Depuis plus de six décennies, Redford incarnait un certain idéal de l’Amérique : libre, engagé et attentif aux causes sociales et environnementales. Défenseur des droits des populations amérindiennes et ardent promoteur de l’écologie, il avait également fondé le Sundance Film Festival, aujourd’hui référence mondiale du cinéma indépendant.
Son visage solaire et son charisme naturel lui permirent de marquer les mémoires dans une soixantaine de films, des thrillers politiques tels que Les Trois Jours du Condor, aux grandes fresques romantiques comme Gatsby le Magnifique, sans oublier des rôles de hors-la-loi attachants dans Butch Cassidy et le Kid ou L’Arnaque. Il collabora à sept reprises avec le réalisateur Sydney Pollack, forgeant une complicité artistique durable.

Bien qu’il ait reçu l’Oscar d’honneur en 2002 pour l’ensemble de sa carrière, le comédien n’a jamais obtenu de statuette pour un rôle précis, malgré des performances mémorables dans Jeremiah Johnson, Les Hommes du Président ou Out of Africa, films qui ont fait de lui l’archétype de l’amant idéal du cinéma hollywoodien.
Passionné de narration, Redford s’est également illustré derrière la caméra. Il réalisa, entre autres, Des gens comme les autres (1981), récompensé par l’Oscar du Meilleur film et de la Meilleure réalisation, puis Et au milieu coule une rivière (1992), Quiz Show (1994) ou encore L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998). Ses films témoignent d’un regard humaniste et d’une sensibilité aux destinées individuelles, toujours empreinte d’élégance.
Né à Santa Monica le 18 août 1936 et passé par l’université du Colorado, Redford avait fait des montagnes de l’Utah son refuge, un lieu où il pouvait conjuguer tranquillité et créativité. En 2016, le président Barack Obama lui remit la médaille présidentielle de la Liberté, reconnaissance ultime de son engagement civique et artistique.
Après The Old Man and the Gun en 2018, il avait annoncé sa retraite, laissant derrière lui une œuvre foisonnante et un héritage cinématographique inégalé, reflet d’une Amérique rêveuse, indépendante et profondément humaine.


