Le militant des droits humains Sion Assidon s’est éteint vendredi, après trois mois d’hospitalisation en soins intensifs. Plongé dans le coma depuis août à la suite d’un grave incident à son domicile, le coordinateur national du mouvement BDS Maroc n’a pas survécu à la récidive d’une infection pulmonaire qui a profondément fragilisé son organisme.
Son entourage, dans un message empreint d’émotion, a salué le dévouement du corps médical qui a accompagné le militant jusqu’au bout, tout en rappelant que ces dernières semaines laissaient encore entrevoir une légère amélioration : un regard qui s’ouvre, un bras qui bouge, une tentative de communiquer… Autant de signes d’espoir brutalement réduits à néant.
Au-delà de l’hommage, ses proches relancent avec insistance la question des circonstances qui ont conduit à son hospitalisation. L’incident survenu en août, au cours duquel le militant de 77 ans a été retrouvé inconscient et blessé chez lui, demeure entouré de zones d’ombre. Une enquête est en cours, mais « le silence » des autorités nourrit l’inquiétude entre hypothèse d’un accident domestique et celle d’une agression.
Une délégation composée de membres de sa famille, d’amis et de trois avocats a récemment rencontré le procureur général du Roi à Casablanca pour réclamer des éclaircissements. Ils exigent que les conclusions médico-légales soient partagées afin de comprendre les causes de la tragédie ayant abouti à son décès.
Personnalité engagée et voix critique incontournable, Sion Assidon a contribué à la création de Transparency Maroc et s’est illustré comme un défenseur acharné de la cause palestinienne, dénonçant sans relâche les crimes de guerre et politiques d’occupation. Ceux qui l’ont accompagné ont exprimé leur gratitude envers les nombreux visiteurs venus lui apporter soutien et amitié durant son hospitalisation, avant de présenter leurs condoléances à sa famille et à ses proches.
Le décès de cette figure emblématique laisse un vide profond au sein des mouvements citoyens marocains et internationaux, tout en faisant naître une exigence de vérité quant aux circonstances qui ont précédé sa fin de vie.

