À fin juin 2025, le Maroc enregistre un déficit budgétaire de 31 milliards de dirhams, en progression par rapport aux 27,5 milliards constatés à la même période en 2024. Cette évolution résulte d’une croissance soutenue des recettes fiscales, portée par un dynamisme marqué de l’impôt sur les sociétés, mais contrebalancée par une accélération des dépenses publiques, notamment liées aux transferts sociaux et aux intérêts de la dette.
Les ressources ordinaires du Trésor affichent une hausse notable de 17,7 % sur un an, s’établissant à 195,2 milliards de dirhams, soit près de la moitié des prévisions annuelles inscrites dans la Loi de Finances. Cette progression repose principalement sur l’impôt sur les sociétés, qui bondit de près de 33 % pour atteindre 53 milliards, tiré par un complément de régularisation et des acomptes exceptionnels. Parallèlement, l’impôt sur le revenu progresse de 22,7 %, soutenu par une opération de régularisation fiscale volontaire lancée en début d’année, générant près de 3,8 milliards. La taxe sur la valeur ajoutée et les taxes intérieures de consommation connaissent également des augmentations, respectivement de 7,1 % et 13,8 %, alors que les droits de douane affichent un recul de 10,8 %. Les recettes non fiscales progressent, elles, de 36 %, grâce aux contributions de Bank Al-Maghrib et de l’Agence nationale de la conservation foncière.
Du côté des charges, les dépenses ordinaires franchissent la barre des 177 milliards de dirhams, soit une hausse de 15,4 % par rapport à juin 2024. Cette augmentation est principalement portée par les dépenses de biens et services, qui s’accroissent de 20,7 %, notamment en raison de transferts supplémentaires vers le fonds d’appui à la protection sociale à hauteur de 12 milliards. Les charges de personnel progressent de 10,8 %, tandis que les intérêts de la dette augmentent de 14,9 %, conséquence d’une montée de la charge de la dette intérieure. À l’inverse, les dépenses de compensation chutent de 27,5 %, en lien avec la baisse des subventions sur des produits comme le gaz butane, le sucre et la farine, ainsi que la non-reconduction de l’aide au secteur du transport routier. Les investissements publics affichent une légère progression, atteignant 50,6 milliards de dirhams, avec un rythme d’exécution proche de 48 %.
Le contexte macroéconomique reste favorable, avec une croissance estimée à 4,8 % au premier trimestre, stimulée par la reprise du secteur agricole après plusieurs années de sécheresse, ainsi que par la bonne tenue du bâtiment, de l’industrie et du tourisme.
Pour financer ce déficit, le besoin global atteint 46 milliards de dirhams, supérieur aux 30,5 milliards enregistrés un an plus tôt. Le Trésor a mobilisé 11,7 milliards sur le marché intérieur et levé 34,3 milliards sur les marchés extérieurs, dont près de 21 milliards provenant des emprunts internationaux.


