La contestation autour de Patrick Bruel prend de l’ampleur en France. Dimanche 10 mai, plusieurs associations féministes ont organisé un rassemblement devant l’hôtel de luxe appartenant à l’artiste à L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le sud du pays, afin de dénoncer le maintien de sa tournée alors que plusieurs procédures judiciaires le visant sont toujours en cours.
À l’origine de cette mobilisation figurent notamment les collectifs Nous Toutes 84, Salon Féministe et Le Chant des Déferlantes. Les manifestantes ont appelé à une suspension temporaire des concerts du chanteur jusqu’à la clôture des enquêtes et procédures engagées contre lui.
Au cours du rassemblement, plusieurs slogans de soutien aux plaignantes ont été scandés, tandis que les organisatrices ont insisté sur la nécessité, selon elles, de placer la parole des victimes présumées au centre du débat public.
L’artiste français fait actuellement l’objet de plusieurs investigations judiciaires. Une première plainte pour viol aurait été déposée à Saint-Malo concernant des faits présumés remontant à 2012, en marge d’un festival de cinéma. Une seconde procédure ouverte à Paris évoque des accusations de tentative de viol et d’agression sexuelle portant sur des faits qui auraient eu lieu au Mexique en 1997.
Parallèlement, une enquête a également été ouverte en Belgique après le dépôt d’une plainte pour une agression sexuelle présumée qui se serait produite à Bruxelles.
Par l’intermédiaire de son avocat, Patrick Bruel conteste fermement l’ensemble des accusations portées contre lui et affirme n’avoir jamais imposé de relation sexuelle à quiconque.
Quelques jours avant cette mobilisation, près de 120 collectifs féministes issus de France, de Belgique, de Suisse et du Canada avaient déjà signé une tribune commune demandant l’arrêt de la tournée de l’artiste tant que les affaires judiciaires ne seraient pas clarifiées.
Cette affaire continue d’alimenter le débat en France autour de la responsabilité des personnalités publiques visées par des accusations de violences sexuelles, ainsi que de la place accordée à la présomption d’innocence face aux revendications des mouvements féministes.

